/news/health
Navigation

Les médecins se sentent «impuissants» face à la pénurie d’infirmières

Coup d'oeil sur cet article

Alors que les hôpitaux devraient rattraper le retard pendant la pandémie de COVID-19, il est impossible de le faire en raison de la pénurie de main-d’œuvre dans le réseau de la santé, plus particulièrement en raison du manque d’infirmières.

• À lire aussi: COVID-19: 785 nouveaux cas et une forte hausse des hospitalisations au Québec

• À lire aussi: Legault veut augmenter le salaire de toutes les infirmières

• À lire aussi: CHSLD Herron: «Tout était totalement désorganisé» avant la pandémie

En entrevue au TVA Nouvelles de midi, le Dr Michaël Bensoussan, gastro-entérologue à l’Hôpital Charles-Le Moyne, a témoigné de la situation particulièrement difficile que vivent médecins et patients. 

«Le réseau a accumulé une liste immense de patients en attente, 150 000! [...] Ce qu’il faudrait, c’est que l’hôpital roule à 110%, mais on roule à 60-70-80% de nos capacités en raison du manque de personnel», déplore le spécialiste.

Par ailleurs, la fatigue de ceux qui restent est bien tangible.

  • Écoutez la chronique de Geneviève Pettersen avec Benoît Dutrizac sur QUB radio:  

«Le personnel est lessivé, les infirmières principalement ont été squeezées, essorées à travailler, à affronter ce drame, cette pandémie sans précédent. Il y a énormément de personnel infirmier notamment qui a quitté le réseau pour aller dans les agences, dans le privé, pour prendre une préretraite dès que c’était possible», observe le Dr Bensoussan.

Il dit comprendre la détresse des patients qui sont en attente d'une opération chirurgicale depuis des mois. 

«J’ai eu une discussion avec une patiente aujourd’hui qui a attendu une chirurgie pendant 20 mois. Elle s’est finalement fait opérer en urgence. Que ce soit les médecins, ou les patients, on est tous dans le même bateau.»

Il soutient que tout le personnel du réseau travaille très fort pour rattraper la liste d’attente. Il souhaite que cette attente ne cause pas de vague de mortalité en raison des gens qui n’ont pas pu être traités.

«C’est terrible... Nous autres les soignants, ça nous met dans une situation, celle qu’on haït le plus au monde, celle de l’impuissance. Quand il n’y a pas de ressources, pas de lits, pas d’infirmières, pas de places et que tu ne peux pas monter tes cédules... On fait tous de notre mieux, comme depuis le début de la crise», conclut-il. 

*** Voyez son entrevue complète dans la vidéo ci-dessus. ***