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Un meurtre qui bouleverse tout

La pièce Le polygraphe revient à l’affiche à La Bordée

ART-POLYGRAPHE
Photo courtoisie, Théâtre La Bordée La pièce Le polygraphe est présentée au Théâtre La Bordée jusqu’au 9 octobre.

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Loin d’avoir pris des rides, 35 ans après sa création, Le polygraphe, qui reprend vie à La Bordée, continue de s’imposer comme pièce de théâtre d’avant-garde. Un spectacle hors-norme par sa complexité, qui s’adresse à un public d’initiés.

Jamais reprise au Québec depuis 1986, la pièce coécrite par Marie Brassard et Robert Lepage fait d’un simple fait divers un drame psychologique qui en fait voir de toutes les couleurs à travers un imposant déploiement sonore et visuel.

Une affaire de meurtre survenu à Québec sert de prétexte à cette démarche éclatée qui combine la magie du théâtre à celle du cinéma. À la suite de l’assassinat d’une jeune femme, son voisin de palier, François, éveille les soupçons de la police puisqu’il a été le dernier à l’avoir vue vivante. Le test du polygraphe ne l’innocente pas. Harcelé par les forces de l’ordre, il en vient à perdre son équilibre mental et à douter de sa propre innocence, de sa raison, de son identité.

Démarche osée

L’entrée en matière du spectacle d’à peine 75 minutes est laborieuse et complexe. De quoi dérouter le public.

Celui-ci prend place dans deux gradins, puisqu’un deuxième espace étagé a été aménagé en fond de scène. L’action se déroule donc simultanément des deux côtés de la scène qui prend la forme d’une arène où s’affrontent le vrai et le faux à travers un enchaînement d’effets stroboscopiques.

Se bousculent des mouvements et des propos décousus et débridés, où surgissent aussi bien Hamlet et le mur de Berlin que le truc des fausses larmes au cinéma et le réputé restaurant Le Continental, à Québec.

Évoluant dans un jeu de miroirs infernal, les comédiens Michel Nadeau, Mary-Lee Picknell-Tremblay et Steven Lee Potvin jouent le feu avec profondeur et conviction. Dans sa relecture, le metteur en scène, Martin Genest, relève avec brio le défi d’exprimer le langage théâtral dans une démarche cinématographique osée.

Malheureusement, la fin arrive un peu trop vite, laissant le spectateur avec l’appétit d’en découvrir davantage sur l’origine du fameux meurtre.


Jusqu’au 9 octobre, La Bordée ramène Le polygraphe, une pièce à voir et surtout à revoir pour en saisir toutes les subtilités.