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Troisième lien: Lehouillier ne veut pas d’un tunnel réservé au transport collectif

Le maire de Lévis, Gilles Lehouillier
Photo d'archives, Stevens LeBlanc Le maire de Lévis, Gilles Lehouillier

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Le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, a balayé du revers de la main jeudi l’idée soutenue par des chercheurs universitaires d’un tunnel sous-fluvial qui serait exclusivement consacré au transport collectif entre les deux rives.

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«Des chercheurs universitaires, il y en a partout. Ce que je veux dire, c’est que l’on peut bien arriver avec des propositions sur la table, mais la décision est prise et là, le gouvernement travaille à la planification de ça», a réagi M. Lehouillier, en insistant sur l’importance de réaliser le projet tel qu'il a été présenté ce printemps.

Même si l’échéancier prévoit que le tunnelier commencera à creuser seulement en 2027, l’élu sortant pense que c’est «trop peu trop tard, parce qu’au fond, la décision est prise, le gouvernement va aller de l’avant avec ce projet-là».

Dans un livre publié récemment, les auteurs affiliés à l’Université Laval soutiennent que la seule solution acceptable pour réduire la congestion serait que le troisième lien soit réservé au transport en commun.

«Le fait est que le gouvernement est en mode réalisation. On n’est plus à l’étape de dire peut-être si ou cela», a soutenu M. Lehouillier.

Le candidat à sa réélection soutient que le tunnel tel que présenté par le gouvernement Legault, dont la facture pourrait atteindre 10 milliards $, contient déjà une composante robuste de transport collectif.

Selon lui, il est primordial que l’infrastructure comprenne également des voies pour les automobiles et le transport de marchandises, particulièrement pour les usagers qui sont en «transit».

«C’est un rattrapage qu’on fait, 30 ans de retard. Il y a longtemps qu’on aurait dû fermer la boucle dans cette région», croit-il. De plus, il souligne que «la volonté de la population est encore très forte» par rapport au projet de Réseau express de la Capitale, qui englobe plusieurs projets dont le tunnel.

Élection fédérale

D’autre part, en lien avec l’élection fédérale, M. Lehouillier a évité de dire si un parti sortait du lot et lui semblait être le mieux placé pour servir les intérêts lévisiens, disant ne pas vouloir «interférer» avec le choix démocratique.

«Il y a certains partis politiques fédéraux qui, par exemple, sur le Réseau express de la Capitale, le tunnel, ont une position claire, donc déjà, pour les citoyens, ça donne une indication, mais [...] il n’y a pas seulement ce dossier, il y a d’autres dossiers qui peuvent influencer le choix de nos concitoyennes et concitoyens», a-t-il déclaré.

Lien mécanique

Le maire sortant a tenu jeudi ce qu’il a présenté comme étant sa dernière conférence de presse «au niveau de l’administration de la Ville» avant l’élection municipale du 7 novembre, alors que la période électorale débute officiellement vendredi.

Il a annoncé le lancement de l’appel de propositions pour la réalisation d’un lien mécanique dans la falaise près de la Traverse pour atteindre le Vieux-Lévis, qui se discute depuis l’adoption d’un programme particulier d’urbanisme adopté en 2017, à la suite de consultations.

Le lien sera de type ascenseur et reliera les rues Saint-Laurent et Marie-Rollet, comme c’est dans les cartons depuis quelques années. Il aura une capacité de 20 personnes ou de 4 vélos avec cyclistes, sera haut d’environ 40 mètres et offrira une vue panoramique.

Un bâtiment de six étages au pied de la falaise abritera des usages mixtes, notamment des commerces. La Ville espère sélectionner au printemps 2022 le promoteur qui sera chargé de réaliser le projet.

Le maire s’est défendu de faire une annonce électoraliste. «Ce sont des démarches qui sont longues. L’appel de propositions serait lancé pareil, avec ou sans conférence de presse, mais nous on aime mieux informer les gens. C’est dans l’administration courante des choses. On est rendu là», a-t-il expliqué.

Dans les dernières années, l’appareil municipal a en outre dû négocier l’acquisition de terrains totalisant 2,5 millions $ et a réalisé des études qui ont démontré le potentiel de rentabilité du projet.

Ultimement, les terrains seront revendus au promoteur, alors que la gestion de l’ascenseur sera confiée à un organisme sans but lucratif. Des organismes ont déjà signifié leur intérêt.