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Application et tolérance

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Photo d’archives Les officiels ont souvent fermé les yeux sur des infractions commises à l’endroit de Connor McDavid.

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Connor McDavid n’a pas haussé le ton... il a simplement apporté une observation intéressante au sujet de l’application des règlements.

Dans une entrevue accordée à des journalistes du Edmonton Sun, il aimerait que les règlements qu’on applique pendant le calendrier régulier soient les mêmes pendant les séries éliminatoires.

En d’autres mots, pourquoi y a-t-il deux livres de règlements ? Pourquoi tolère-t-on des infractions en séries éliminatoires qui, en saison régulière, n’invitent même pas les officiels à la moindre hésitation ?

Ce débat, on le soulève chaque année parce que les dirigeants de la Ligue nationale, surtout les propriétaires, ne veulent pas que les arbitres influencent les résultats, particulièrement dans le cadre du tournoi printanier.

Pourtant, en n’appliquant pas les infractions telles que décrites dans le livre des règlements, on influence directement le résultat des matchs. Le bon vieux principe « laissons les joueurs s’exprimer » est contraire à tout ce que l’on prêche pendant le calendrier régulier.

Le football a-t-il deux règles de jeu ? L’obstruction envers le receveur de passe est signalée que ce soit en fin de match ou encore pendant les séries éliminatoires.  

De la constance

Comme l’explique McDavid, les arbitres ont un travail très difficile. Ce que les joueurs demandent, c’est que les officiels soient constants, peu importe les circonstances.

Que la marque soit 2 à 1 et que l’équipe dominant au pointage accroche un rival, les officiels doivent réagir même s’il reste deux ou trois minutes au match. Pendant les séries, et parfois pendant le calendrier régulier, on fermera les yeux. Pourtant, le temps qu’il reste au cadran, les circonstances, le pointage ne devraient pas guider les arbitres vers une interprétation différente du livre des règlements.

Le joueur a commis une infraction, qu’il paie pour son geste. Point.

Au fil des ans, la LNH a apporté quelques modifications aux livres des règlements.

  • Mise en jeu dans le territoire d’une équipe ayant commis une infraction.
  • On a aboli la ligne rouge.
  • On a mis beaucoup d’emphase dans le but d’éliminer l’obstruction.
  • On a créé un règlement pour chasser un joueur ayant tiré la rondelle dans les gradins.
  • On a redoublé d’ardeur pour enrayer l’accrochage.

Et j’en oublie.

McDavid écope

Par contre, comment expliquer selon des chiffres fournis par des spécialistes des statistiques avancées qu’en 121 présences sur la patinoire, aucune pénalité n’a été imposée à l’adversaire pour une infraction à l’endroit de McDavid ? L’année précédente, les Blackhawks avaient écopé d’une seule pénalité dans leurs actions pour contrer les efforts du joueur étoile des Oilers.

Les patineurs des Jets ont profité de la tolérance des arbitres pour contrer McDavid, un joueur qui ne lève jamais le pied face à l’adversité, loin de là.  

Après tout, n’est-il pas un joueur qui passe en moyenne 22 à 23 minutes par match, n’est-il pas le joueur par excellence de la ligue ? Si le football a instauré des règles de jeu pour protéger les joueurs d’exception, comme les quarts-arrières, n’y a-t-il pas une façon de protéger les meilleurs patineurs ? Il ne s’agit pas de leur donner l’immunité, mais doit-on permettre à un rival de dépasser la limite dans ses actions ?

On dira que les arbitres ne réagissent pas tous de la même façon, mais il n’y a pas plusieurs options pour juger s’il y a eu de l’accrochage.

Le circuit Bettman doit chaque année revoir son livre des règlements. Les joueurs changent avec les années, le jeu est plus rapide, les participants sont plus imposants – ce qui rend la tâche des officiels encore plus complexe –, il y a donc un besoin de revoir le livre de la première à la dernière page.

Mais à quoi doit-on s’attendre d’une ligue qui :

  • tolère toujours les tirs de barrage alors qu’en séries éliminatoires, c’est un règlement qui n’existe pas ;
  • accepte des périodes de prolongation avec des effectifs réduits alors que pendant les séries, c’est retour à l’ancienne formule, c’est-à-dire cinq contre cinq ;
  • accorde à une équipe pénalisée le droit de dégager son territoire, de permettre au joueur pénalisé de revenir sur la patinoire dès que l’adversaire marque un but. Ne devrait-il pas passer les deux minutes au banc, peu importe si l’adversaire marque un but ?

Les dernières séries éliminatoires devraient fournir à la ligue plusieurs arguments pour revoir les règles du jeu. Les arbitres ont été sévèrement critiqués parce qu’ils ont fait preuve d’une telle tolérance qu’on a eu l’impression que le livre des règlements était demeuré sur les tablettes.

D’importants défis

Le collègue Jean-François Chaumont nous livre un portrait d’un entraîneur qui semble prêt à relever tous les défis. Et on n’a pas besoin de rappeler à Dominique Ducharme que le Canadien présentera une équipe différente, mais surtout que les partisans voudront vivre des événements aussi spectaculaires que ceux du printemps dernier.

Ducharme soutient qu’il connaît les enjeux, mais, au cours de l’été, il en a profité pour peaufiner son plan de match pour la prochaine saison et qu’il aura aussi à composer avec des situations qui exigeront beaucoup de doigté.

  • Il y aura le dossier Jonathan Drouin, et sur ce point, Ducharme dégage beaucoup de confiance. Il croit que son joueur saura retrouver la forme.
  • Il y aura aussi l’arrivée de plusieurs joueurs entraînant des modifications sur l’utilisation des effectifs.
  •  Et quand on effectue des changements, qu’on amenuise le temps de jeu de certains vétérans, ça signifie qu’il faudra garder l’œil ouvert et maintenir l’harmonie au sein du groupe.

Cependant, Ducharme s’amène dès le début de la saison, avec l’avantage de bien connaître la plupart des joueurs qui formeront la prochaine édition du Canadien. Il a du temps pour implanter sa philosophie et les joueurs, ceux qui l’ont accompagné dans cette aventure du printemps, savent à quoi s’attendre.  

C’est un bon communicateur, c’est un innovateur. Il croit à son plan et il sait aussi l’appliquer.  

Ce qu’on remarque chez lui : il ne souffre d’aucun complexe vis-à-vis des joueurs même s’il n’a jamais joué à ce niveau.