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C’est quoi, être woke?

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Quand, répondant à Gabriel Nadeau-Dubois qui le comparait à Duplessis, François Legault a rétorqué qu’il aimait mieux ça que d’être woke, je me suis demandé si on était dans la cour d’une école. La surprise passée, je me suis surtout interrogée à savoir depuis quand le terme woke était devenu une insulte.

C’est quoi, être woke ?

Loin de moi l’idée de faire une Annamie Paul de moi-même et de vouloir vous éduquer, mais je pense qu’on est en train de mélanger pas mal d’affaires dans le grand chaudron de l’indignation. 

François Legault a précisé sa définition du mot « woke », hier. Il a convenu que le meilleur mot à utiliser serait sans doute « multiculturalisme ». Comme en ce qui concerne le racisme systémique, M. Legault semble vouloir faire du millage politique sur un sujet particulièrement cher aux Québécois, l’identité nationale. Mais je ne voudrais pas lui prêter de mauvaises intentions. 

Sauf que n’en déplaise au PM et à bonne quantité de politiciens et chroniqueurs qui donnent au mot la définition qui les arrange, le terme woke a bel et bien des racines et un sens. On ne peut pas lui donner la définition que l’on veut. 

Le terme woke fait référence à un état d’éveil. Les personnes qu’on peut qualifier de woke sont des gens sensibles aux injustices sociales et aux iniquités raciales. Je ne sais pas pour vous, mais je ne vois pas en quoi ça peut être péjoratif de s’intéresser à la justice sociale, qu’on ait 22 ou 68 ans. 

Mais c’est qui ?

Après ça, comme dans tout mouvement, il y a des dérives. On ne peut pas mettre tous les woke dans le même panier. On ne peut pas réduire un mouvement à ses manifestations les plus extrêmes. On ne peut pas dire que les woke, ce sont des brûleurs de livres comme on ne peut pas dire que les gens de droite, ce sont tous des racistes. Les woke, tout comme les gens de droite, ne constituent pas un groupe homogène.

Alors le mot woke, tu devrais cesser de le prononcer en vain. OK, boomer ?