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Le test woke de Gabriel Nadeau-Dubois

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Capture d’écran, TVA Nouvelles

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Leur échange musclé a retenu l’attention. Gabriel Nadeau-Dubois attaque le premier ministre en faisant référence à Duplessis, et Legault rétorque en le traitant de woke. Le ton était dur et le moment fera partie des faits saillants de la semaine à l’Assemblée nationale.

Pour Gabriel Nadeau-Dubois, c’est un succès en soi. Je ne parle même pas du choix des mots ou de l’angle de l’attaque. Je souligne le simple fait de s’être positionné comme le véritable vis-à-vis de François Legault, d’avoir volé la vedette et le temps d’antenne à la cheffe de l’opposition.

En ce début d’année électorale, les partis d’opposition se battront pour se démarquer, et l’habile GND doit rire dans sa barbe. Il a gagné cette manche. C’est lui que les Québécois ont vu apparaître en duel avec le premier ministre. Item numéro un coché sur la liste des choses à réussir comme nouveau chef parlementaire de Québec solidaire.

Woke

Se faire traiter de woke peut avoir du bon et du mauvais. Dans la gauche, c’est fort bien vu d’être une personne ultra-sensible aux questions de racisme et de discrimination. C’est la définition initiale d’être woke. Québec solidaire occupe ce terrain politique depuis quelques années.

Le mouvement woke s’est cependant radicalisé. Il a multiplié les efforts pour effacer l’histoire, faire taire par des moyens agressifs ceux qui pensent autrement et détruire les symboles nationaux. Au Canada, on a failli annuler la fête du Canada cette année. On a beau vouloir travailler sur une réconciliation avec les peuples autochtones, on ne peut pas transformer en honte toute l’histoire d’un pays.

Pour Gabriel Nadeau-Dubois, qui fait de la politique au Québec, il y a un problème supplémentaire. Le mouvement woke rejette tout nationalisme et ne peut pas imaginer qu’un peuple impose sa langue. La réforme de la Charte de la langue française est de leur point de vue une hérésie. 

Le wokisme se vit en anglais, il souhaite la revitalisation de toutes les langues autochtones, mais l’affaiblissement du français n’est pas une priorité. La disparition du français comme langue minoritaire en Amérique du Nord n’y émeut personne. 

Sur ce point, Gabriel Nadeau-Dubois n’est pas un woke, mais un Québécois inquiet de sa langue. On sent un engagement sincère de sa part sur l’avenir du français. Cela lui fera vivre un moment de vérité dans les prochains mois.

Débat enflammé

La discussion va s’enflammer autour de la loi 96 dans les semaines à venir. Plus on approchera de Noël, plus on sentira la pression sur chacun des partis concernant leur vote pour ou contre la modernisation de la Charte de la langue française.

Dans son parti, Gabriel Nadeau-Dubois se fera dire par de vrais woke : « Tu ne peux pas inscrire dans les registres de l’Assemblée nationale que tu t’es levé, en même temps que les députés de la CAQ, pour imposer une telle loi. »

On lui suggérera de trouver n’importe quelle excuse, n’importe quel prétexte pour voter contre. 

Ce sera un vrai test.