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Réinventer le guide référence sur le vin

0918 ZESTE Guide Nadia Fournier
Photo courtoisie, Julia Marois

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Créé en 1981 par Michel Phaneuf et signé par Nadia Fournier depuis 2011, Le guide du vin 2022 se réinvente pour sa 41e édition avec une formule allégée et résolument tournée vers les coups de cœur de Nadia Fournier et les tendances actuelles, vins nature et orange en tête. Pour la première fois, Nadia Fournier s’est complètement approprié le guide, jusqu’à en abandonner le nom de Phaneuf.

Nadia Fournier a longtemps hésité avant de se lancer, corps et âme, dans cette 41e édition du fameux Guide du vin, le guide de référence au Canada pour les amateurs de vins. La 40e édition devait être la dernière pour elle. « Comme beaucoup de gens, la pandémie m’a laissée un peu épuisée, révèle Nadia Fournier. J’avais vraiment l’impression d’avoir fait le tour. »

Des discussions avec de fidèles lecteurs lui ont rappelé que son opinion comptait, qu’elle était la seule au Canada à faire un guide consacré au vin. « Nous avons alors décidé de réinventer la formule, d’enlever les étiquettes et les éléments graphiques pour nous concentrer sur le texte, ma grande force. »

Les habitués verront une grande différence, dès la couverture du guide. La mention Phaneuf n’y figure plus. « Je me suis encore plus approprié le livre, c’est mon guide. En 10 ans, Michel Phaneuf n’a jamais pris une seule décision sur le contenu éditorial du livre, mais malgré tout, le livre portait son nom et je notais les vins à sa façon. Cette année, je me suis vraiment émancipée, je me suis approprié mon style, avec un peu plus de légèreté et des détails, parfois historiques, qui intéressent les lecteurs. »

Terroir et authenticité

Le terroir et l’authenticité ont toujours été les cartes maîtresses du guide. « Nous présentons des vins qui représentent le goût d’un lieu. Pour moi, la notion de terroir est inhérente à la qualité. »

Cette année, avec les voyages et les grandes dégustations annulés à cause de la pandémie, Nadia Fournier n’a goûté « que » 2200 vins, au lieu de 3000 les années précédentes. Entre avril et août, elle en a goûté près de 1600. « C’est un beau marathon, avec de longues journées de dégustation. »

Toutes les bouteilles notées dans le livre, à part quelques exceptions, Nadia Fournier en boirait si on les lui servait. « J’ai éliminé beaucoup de vins, car cela ne représentait pas la ligne directrice que je voulais donner à cette édition. Il y a deux ou trois exceptions, des ratages totaux. Mais sinon, c’est vraiment que des coups de cœur. »

Tendances

Parmi ces coups de cœur, on retrouve beaucoup plus de vins biologiques, natures et orange. « Sur la tendance des vins nature, la SAQ y est allée tête baissée, en suivant ce que la clientèle voulait. »

Le vin nature, dans sa forme originelle, est un vin élaboré sans intrants tant à la vigne qu’au chai, explique l’autodidacte. « Le vigneron intervient le moins possible entre le raisin et le produit final. Un vin nature demande plus de rigueur à la production qu’un vin industriel. C’est comme de l’équilibrisme, sans filet. On ne peut pas corriger. S’il y a un défaut, on est pris avec. »

Détail important, qui dit vin nature ne dit pas sans sulfites. Le vin nature peut avoir un apport limité en sulfites. Puisqu’il n’existe aucune certification nature comme telle, c’est au consommateur de se renseigner sur le vigneron, estime Nadia Fournier. « À la SAQ, il y a des vins désignés nature sur les tablettes qui sont pasteurisés. Pour moi, cela va à l’encontre du mouvement nature, car un vin pasteurisé est un vin mort. »

L’autre grande tendance est l’avènement du vin orange. « Le vin orange, c’est le retour à une méthode ultra traditionnelle pour élaborer le vin blanc », explique Nadia Fournier.

Il y a 8000 ans, en Géorgie, les vignerons écrasaient vaguement les raisins et les mettaient dans des amphores. Ils laissaient le tout macérer et fermenter. Quand ils jugeaient que le vin était prêt, ils le filtraient grossièrement, puis le consommaient.

« Le vin orange implique une macération des peaux des raisins avec le moult du raisin après et pendant les fermentations », résume Nadia Fournier.

Les incontournables de Nadia 

Voici quatre vins, issus du guide, fortement recommandés par l’auteure.

1. Le vin que l’on devrait toujours avoir au frigo pour un apéro à l’improviste 

 A & D Wines,Vinho Verde 2020, Monólogo, Arinto p24

0918 ZESTE Guide Nadia Fournier
Photo courtoisie

 

18,60 $

Portugal

Biologique

Code SAQ : 14296666

 


2. Un vin à tendance nature, disponible en bonne quantité 

Cave d’Estézargues, Cô tes du Rhône-Villages Signargues 2020, La Montagnette

0918 ZESTE Guide Nadia Fournier
Photo courtoisie

 

17,35 $

Canada

Code SAQ : 11095949


3. La bouteille pour saisir l’engouement pour le vin orange 

AA Badenhorst, Swartland 2020, Riviera Secateurs

0918 ZESTE Guide Nadia Fournier
Photo courtoisie

23,00 $

Afrique du Sud

Code SAQ : 13995027


4. L’un de mes coups de cœur de l’année 

Alex Foillard, Côte de Brouilly 2019

0918 ZESTE Guide Nadia Fournier
Photo courtoisie

 

42,25 $

France

Code SAQ : 14786171

5 nouveaux producteurs du Québec à découvrir 

Voici cinq producteurs de chez nous que Nadia Fournier suit de très, très près, et ce pour les bonnes raisons ! 

  • Clos Sainte-Thècle  

En attendant que les vignes de sa terre de Sainte-Thècle, en Mauricie, arrivent à maturité, Éric Blouin s’appro-visionne en raisins dans différentes régions du Québec. Son Hold my Beer 2020 (30 $) est issu de marquette cultivé à Bécancour. « Rond et gourmand à souhait ». En épiceries fines. 

  • Domaine L’espiègle  

En 2018, Zaché Hall a planté 2,5 hectares de viniferas (chardonnay, pinot noir, pinot meunier, gamay et gamaret) sur un coteau magnifiquement exposé, entre Dunham et Frelighsburg. « Les deux cuvées (un rosé et un rouge) dégustées au cours de l’été sont impeccables en tous points. Lumineux, épurés et très élégants ». En épiceries fines. 

  • Lieux Communs  

Les associés de Lieux Communs achètent du raisin de différents viticulteurs et ils vinifient (sans intrants) chez un vigneron-hôte. Ce modèle d’affaires rend l’aventure vigneronne plus accessible pour de jeunes entrepreneurs. Un nom à retenir pour redécouvrir les cépages hybrides en mode « nature ». En épiceries fines. 

  • Maison Agricole Joy Hill  

Justine Therrien et Julien Niquet (cidrerie Alma) ont planté des cépages vinifera tout en haut de la Joy Hill, à Frelighsburg. « Les grüner veltliner, gamay et chardonnay de leur tout premier millésime brillent par leur netteté et leur éclat aromatique. ». En épiceries fines. 

  • Saint-Pierre – Le Vignoble   

Christiane Grégoire et Jacques Blouin ont acquis une ferme en 1999 à Saint-Pierre, sur le flanc nord de l’île d’Orléans, et l’ont convertie en vignoble en 2013. « Les cuvées Parfums d’Acadie, Rêverie et Soleil Couchant sont très réussies et méritent un détour par l’île. » En vente à la propriété.