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Les chefs interpellés pour sauver l’église du Très-Saint-Sacrement

Le patrimoine religieux retient l’attention au deuxième jour de la campagne municipale

Les chefs interpellés pour sauver l’église du Très-Saint-Sacrement
Photo d'archives

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Dans l’ombre de l’élection fédérale qui s’achève, les candidats à la mairie de Québec se sont retrouvés hier dans le quartier Saint-Sacrement, où des citoyens sont en croisade pour sauver leur église.

Fermée depuis 2019, l’église centenaire du Très-Saint-Sacrement est sur le respirateur artificiel en attendant que le ministère de la Culture confirme si oui ou non il classera l’édifice. Une réponse est attendue d’ici mai 2022.

Dans un district (Montcalm–Saint-Sacrement) fort disputé, où le doyen du conseil municipal Yvon Bussières a décidé de ne pas se représenter, quatre chefs de parti ont répondu à l’invitation du comité citoyen SOS Saint-Sacrement qui organisait un « rassemblement festif » au parc Samuel-Holland.

Le regroupement demande la protection de l’édifice et sa requalification pour accueillir des activités communautaires et culturelles et éviter que de l’immobilier pousse dans ce « noyau villageois ».

« Il faut continuer d’évaluer si le bâtiment est en état pour pouvoir survivre. S’il l’est, il faut l’utiliser tel qu’il est parce que pour les gens du quartier, c’est un symbole fort », a estimé Bruno Marchand, de Québec forte et fière.

« Si l’état du bâtiment ne le permet pas, bien, sur place, on va redonner cet espace aux citoyens », a-t-il poursuivi.

Les candidats à la mairie Bruno Marchand (Québec forte et fière) et Jean-François Gosselin (Québec 21) ont eu un échange cordial alors qu’ils se trouvaient au même événement citoyen dans le district de Montcalm–Saint-Sacrement, samedi.
Photo Didier Debusschère
Les candidats à la mairie Bruno Marchand (Québec forte et fière) et Jean-François Gosselin (Québec 21) ont eu un échange cordial alors qu’ils se trouvaient au même événement citoyen dans le district de Montcalm–Saint-Sacrement, samedi.

Trouver une solution

Jean Rousseau, chef de Démocratie Québec, a rappelé qu’il a voté en faveur d’une citation de l’édifice au conseil municipal pour reconnaître sa valeur patrimoniale, contrairement à l’administration Labeaume. « Il faut arrêter ce réflexe de jeter à terre pour rebâtir », pense-t-il.

Jean-François Gosselin, de Québec 21, a dit faire confiance à son candidat, l’homme d’affaires Jean-Pierre Du Sault, pour réunir les personnes concernées et trouver des solutions, s’il est élu. « Ça prend un projet, ça prend un montage financier », demande-t-il, sans prendre d’engagement ferme. Jackie Smith s’est pour sa part engagée à allonger l’argent nécessaire pour retaper l’immeuble.

Absente pour des motifs familiaux, Marie-Josée Savard a toutefois envoyé son candidat sur place. Son parti prône « la recherche de solutions durables » et « l’écoute » pour ce qui est du patrimoine religieux.

À vendre

La paroisse Bienheureuse-Dina-Bélanger estime qu’il en coûterait 10 millions $ pour remettre en état l’église du chemin Sainte-Foy, qu’elle cherche à vendre depuis des années. Elle est devenue un gouffre financier qui l’empêche d’assurer la pérennité d’autres églises, déplore le directeur général André G. Bernier, qui soutient que toute offre d’achat « raisonnable » venant de la ville ou même d’un regroupement citoyen serait considérée.

SOS Saint-Sacrement, qui remet en question l’estimation de 10 millions $ de la paroisse, contemple l’idée d’une offre d’achat, mais veut d’abord réaliser une étude sur l’état de la structure et aller chercher des subventions.

Samedi, l’organisme a également reçu le soutien du candidat libéral dans la circonscription fédérale de Québec, Jean-Yves Duclos, et de la députée solidaire Catherine Dorion.

Marchand se défend de pelleter des nuages  

Le chef de Québec forte et fière s’est montré surpris de s’être fait taxer de pelleter des nuages plus tôt cette semaine par sa rivale Marie-Josée Savard. « On peut nous accuser de quoi que ce soit, moi je plaide coupable à cette idée que oui, on a une vision et on a des idées pour cette ville », a réagi Bruno Marchand, samedi.

Mme Savard lui a entre autres reproché jeudi de faire « accroire aux citoyens que la Municipalité peut faire une différence dans l’implantation de garderies ». « On a proposé à travers des méthodes concrètes une façon d’intervenir qui est dans l’apanage de la ville. La ville ne peut pas se substituer au gouvernement du Québec, mais elle peut agir », a répondu M. Marchand.

« On a compris que c’est un changement de ton. [...] Si elle va là, c’est qu’il y a des inquiétudes de leur part et ça témoigne de notre progression », a-t-il analysé.

Des chefs sceptiques par rapport au projet du maire  

Les candidats Gosselin, Marchand et Rousseau n’ont pas été particulièrement séduits par l’annonce de Régis Labeaume d’une course de voiliers entre Québec et Vancouver en 2023 en utilisant le passage du Nord-Ouest, pour sensibiliser la population mondiale sur les effets du réchauffement climatique dans l’Arctique.

« C’est intéressant, mais je vais le croire quand je vais le voir. C’est un peu sorti de nulle part », a réagi le chef de Québec 21.

« Personne n’avait entendu parler de ça il y a deux semaines. Est-ce que c’est un bon projet ? J’écouterai les propositions, mais [je] suis loin d’être convaincu », a de son côté soutenu le dirigeant de Québec forte et fière. Même scepticisme du côté de Jean Rousseau chez Démocratie Québec. « La petite course autour du pôle nord, tant mieux, mais ce n’est pas ça qui va sensibiliser les gens aux problèmes [écologiques] que l’on vit ici même à Québec, et ils sont nombreux. »

Rousseau nie avoir des problèmes de recrutement  

Démocratie Québec a toujours l’intention de présenter une équipe complète même si elle est désormais la seule formation politique à ne pas avoir confirmé une candidature pour chacun des 21 districts. 

« Non, ce n’est pas une question de difficulté [à recruter], c’est qu’on veut des gens qui sont vraiment engagés dans leur communauté. Il y a des gens qui professionnellement vont devoir l’annoncer à la dernière minute. Ce n’est pas un enjeu que c’est plus difficile ou pas », a assuré le chef Jean Rousseau.

Actuellement, 13 candidats « démocrates » sont connus. Selon M. Rousseau, d’autres annonces sont à venir dans les prochains jours. Il vise 21 candidats, mais n’a pas voulu dire à quel moment son équipe serait complète. « Je vais l’annoncer au fur et à mesure et je vous en ferai part », a-t-il répondu.

Entre-temps, son équipe va à la rencontre des électeurs, « même où aucun candidat n’a été officialisé », a-t-il ajouté.

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