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Pesquera, l’âme des grands vins

Pesquera, l’âme des grands vins
Photo Patrick Désy

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D’aussi loin que je me souvienne, Pesquera a toujours été synonyme de grand vin. Ces vins dont on parle avec respect et considération. Quand il y avait du Pesquera à table, on savait qu’on allait bien boire.

Presque 50 ans plus tard, c’est toujours vrai: Pesquera continue à produire des petits bijoux de vin. On doit ce cadeau du ciel à Alejandro Fernandez, qui, sans avoir de formation en œnologie, achète quelques pieds de vigne de tempranillo dans le Ribera del Duero. On est en 1972. Travailleur acharné et passionné, aidé par sa femme Emilia, il développe une viticulture paysanne respectueuse de la nature et vinifie à l’ancienne comme le lui a appris son père. Dès 1980, ses vins attirent l’attention de la presse spécialisée et les amateurs du monde se mettent à leur recherche. Aujourd’hui, ce sont quatre bodegas – Tinto Pesquera à Pesquera de Duero, Condado de Haza à Ribera, Dehesa la Granja à Zamora et El Vinculo dans la région de Castilla-La Mancha – qui sont sous la houlette de la famille Fernandez.

Sans rien enlever aux autres domaines de la famille, Pesquera continue, selon moi, à occuper le haut du pavé en produisant des vins qu’on pourrait qualifier de «classiques». Qu’il s’agisse de la cuvée d’entrée de gamme «Crianza», de l’incontournable «Reserva» ou des cuvées plus rares et prestigieuses comme le «Janus», ce sont des vins qui portent une signature distincte. Des vins denses, pleins, soyeux, savoureux et équilibrés. Non filtrés, ils sont dotés d’un remarquable potentiel de garde.

Le Crianza 2018 s’inscrit dans cette lignée. Un millésime compliqué par un printemps pluvieux et des gels printaniers (pas aussi importants qu’en 2017, cela dit) qui vont retarder le cycle végétatif, mais sauvé par un été relativement chaud/tempéré et une belle arrière-saison. Sorti d’un élevage de 18 mois en fûts de chêne américain neutre de 225 et 300 litres, le vin montre un nez charmeur et puissant de fruits noirs, de viande, d’épices et de vanille. La bouche est généreuse, ample, et possède des tanins arrondis. Le secret vient de cette acidité qui apporte la véritable colonne vertébrale au vin et lui donne un second souffle, notamment en finale en venant rafraîchir la bête qui affiche tout de même 14,5% d’alcool. Déjà accessible, il pourra se bonifier trois ou quatre ans avant d’entamer son plateau et pourra s’y maintenir une bonne dizaine d’années, voire plus. Tout ça pour un peu plus de 30$, c’est plus que respectable. Si vous aimez le genre, je vous suggère d’allonger quelques dollars de plus et d’encaver du Reserva 2016 (44,50 $ - Code SAQ 10273088). Vous ne serez pas déçu.

Alejandro Fernandez – Pesquera, Crianza 2018, Ribera del Duero, Espagne, 34,00$ – Code SAQ 10273109 – 14,5% - 2 g/L

★★★ 1⁄2 - $$$

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  • Plus d’étoiles que de dollars: il vaut largement son prix. 
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