/news/politics
Navigation

Legault réitère ses mises en garde en vue des élections

Coup d'oeil sur cet article

Le premier ministre François Legault est monté dans le chœur d’une ancienne église, dimanche, afin de réitérer ses mises en garde en vue des élections fédérales.

«Un dimanche matin dans une église... une ancienne église», a lancé M. Legault, tout sourire, en s’adressant aux jeunes caquistes réunis en congrès dans une église désacralisée de Limoilou, à Québec. 

Photo Patrick Bellerose

À la veille du scrutin, le premier ministre a choisi d’utiliser sa tribune pour rappeler à ses ouailles les enjeux pour son gouvernement nationaliste: défense des champs de compétences provinciales, de la langue française et des valeurs québécoises.  

Photo Patrick Bellerose

«Malheureusement, on l’a vu dans les dernières semaines avec les élections fédérales, il y a même des partis qui se sont vantés d’intervenir dans un champ de compétences vraiment important, la santé», a lancé François Legault, sans nommer directement les libéraux fédéraux. 

Ils reprochent à «certains partis» d’imposer des conditions en échange d’un financement pour les soins de santé. Le premier ministre caquiste exige plutôt une hausse permanente des transferts fédéraux en santé, qu’il chiffre à 6 milliards $ annuellement. 

«Ce qu’on a besoin, ce n’est pas, à Ottawa, plus de fonctionnaires. C’est, à Québec, plus d’infirmières», a-t-il lancé sous les applaudissements, en reprenant la formule du chef bloquiste Yves-François Blanchet lors du Face-à-Face TVA. 

Le premier ministre Legault a également plaidé à nouveau pour que le fédéral confie à Québec le plein contrôle de l'immigration issue du regroupement familial. «On a besoin d’avoir plus de pouvoirs en matière d’immigration pour la survie du français», dit-il. 

Valeurs québécoises

François Legault a aussi promis de défendre le principe de laïcité, notamment à travers la loi 21. «Ce n’est pas vrai que c’est à Ottawa qu’on va décider des valeurs québécoises», affirme-t-il. 

Questionné par un jeune délégué à savoir pour qui les membres de la CAQ devraient voter, le premier ministre a déclaré que «ce n’est pas à moi à dire aux Québécois» qui appuyer. 

«Ce que je demande aux Québécois et ce que je demande aux militants de la CAQ, c’est de tenir compte du fait qu’actuellement, il y a trois partis qui veulent s’ingérer dans nos compétences, qui ne veulent pas nous donner de pouvoir en immigration – alors que c’est primordial pour l’avenir du français – et qui n’excluent pas de contester la loi 21», énumère-t-il. 

«Je voulais juste que vous teniez compte de ça», dit-il. 

Un rempart contre les radicaux

Par ailleurs, le chef caquiste a présenté son parti comme un «rempart contre les radicaux», dimanche. 

François Legault a d’abord utilisé cette image lors de son allocution au sujet des citoyens opposés au vaccin. Une partie, dit-il, sera impossible à convaincre, mais un autre segment est simplement inquiet et doit être mieux informé. 

«Ce n’est pas le temps, au Québec, de se diviser. C’est le temps de défendre notre cohésion nationale. D’ailleurs, à la CAQ, on est des pragmatiques. On est, à la CAQ, des gens qui sont comme un rempart contre les radicaux. On est un rempart pour notre cohésion nationale», a-t-il lancé, alors que le Québec entre en année préélectorale. 

Le leader caquiste a réutilisé l’image au moment de répondre à une question d’un jeune participant sur la protection du français. Contrairement au Parti québécois, son gouvernement s’oppose à l’imposition de la loi 101 aux cégeps, qui priveraient les jeunes francophones du droit d’étudier en anglais au niveau collégial. 

«Je le disais tantôt, à la CAQ, on est un peu le rempart contre les radicaux. C’est vrai dans tout. Je pense qu’il faut garder la cohésion nationale qu’on a et je pense que notre projet de loi 96, c’est un projet qui est équilibré», dit-il au sujet de la réforme de la loi 101, dont l’étude commence, à Québec, cette semaine. 

Cursus littéraire

Quant aux propositions adoptées ce week-end par les jeunes caquistes, le premier ministre Legault a notamment retenu l’idée de créer un cursus d’œuvres littéraires québécoises à enseigner dans les écoles du Québec. 

La veille, une déléguée étudiante en éducation était venue expliquer que certains enseignants proposent aux élèves de lire Harry Potter, tandis que d’autres se tournent vers Michel Tremblay. 

François Legault a confié aux jeunes caquistes qu’il a déjà mandaté les ministres de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur pour «qu’ils avancent dans cette direction-là».