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Une fédération en dérive

Un psy qui se tourne les pouces à la maison
Photo d’archives

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La Fédération des femmes du Québec n’en est pas à sa première dérive récente. Mais qu’elle veuille s’imposer en défenseure du port du voile des enseignantes en Cour d’appel est tout simplement ahurissant.

Il se trouvera toujours quelqu’un pour tenir le discours simpliste – que nous sommes plusieurs à ne plus pouvoir endurer sans plus de profondeur – selon lequel le port du voile est un choix individuel. Qu’il faut respecter le droit des femmes de faire ce qu’elles veulent avec leur propre corps.  

C’est précisément l’explication que m’a servie Sandra Wesley, membre du conseil d’administration de la FFQ, qui avait été désignée pour répondre à mes questions, car « les vice-présidentes étaient probablement très occupées ». 

Fermer les yeux 

Or je suis du même avis que Marie-Claude Girard, retraitée de la Commission canadienne des droits de la personne. Dans une lettre parue cette semaine, elle affirme qu’en voulant défendre le port du voile des enseignantes en Cour d’appel, la FFQ ferme les yeux « sur le message sexiste véhiculé par ce signe religieux et sur l’influence de l’enseignante qui le porte, sur des enfants vulnérables pour qui elle constitue une figure d’autorité ».  

« Où est passée (la) solidarité féminine internationale (de la FFQ) ? Comment peut-elle rester aussi insensible à l’influence du fait religieux sur les droits des femmes ? Pourquoi abandonne-t-elle ces femmes prisonnières de ces systèmes patriarcaux ? » s’interroge avec raison Mme Girard. Elle cite les Afghanes et Iraniennes qui dénoncent la promotion du voile par les féministes occidentales, et toutes ces femmes canadiennes forcées de porter le voile. 

Peu représentative

J’ai voulu savoir, vendredi, combien de membres adhéraient à la FFQ, soupçonnant fortement que cette fédération à la dérive ne rejoint plus grand monde. J’attends toujours la réponse.  

Mais, clairement, cette fédération ne représente pas toutes ces Québécoises qui, comme moi, s’inquiètent de ces dérives qui nuisent à l’atteinte de l’égalité entre les hommes et les femmes.