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Anxiété et insomnie: le calvaire de Jonathan Drouin durait depuis des années

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La machine à rumeurs s’est souvent emballée depuis que Jonathan Drouin a choisi de faire une croix sur sa saison, en avril dernier. Pour la première fois en cinq mois, l’attaquant du Canadien a accepté de faire le point en se confiant à TVA Sports et à RDS.

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« Ça n’a rien à voir avec la drogue ou l’alcool. Tout au long de l’année, j’ai eu des problèmes d’anxiété et des problèmes d’insomnie, a indiqué l’athlète de 26 ans à Renaud Lavoie. D’ailleurs, ça fait plusieurs années que je deale avec ça. »

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S’il avait relativement bien réussi à gérer la situation jusque-là, les événements reliés à la pandémie, tels les restrictions, les confinements, les recommandations de la Santé publique, ont probablement été les catalyseurs d’un problème déjà présent et persistant.

« Être confiné dans sa chambre d’hôtel, passer quatre ou cinq jours sans pouvoir sortir, c’est certain que ça n’a pas aidé. Ça a peut-être accéléré le processus. »

Sans compter que dans les jours précédant son retrait de la formation après la période d’échauffement d’un match à Calgary, il avait été malade.

Jonathan Drouin, photographié plus tôt cet été lors du tournoi de golf annuel de son entraîneur-chef, Dominique Ducharme. S’il n’avait pas parlé aux médias lors de cet événement, l’attaquant du Canadien s’est confié hier sur les moments difficiles qu’il vient de passer, dans une entrevue à TVA Sports et RDS.
Photo d'archives, Martin Chevalier
Jonathan Drouin, photographié plus tôt cet été lors du tournoi de golf annuel de son entraîneur-chef, Dominique Ducharme. S’il n’avait pas parlé aux médias lors de cet événement, l’attaquant du Canadien s’est confié hier sur les moments difficiles qu’il vient de passer, dans une entrevue à TVA Sports et RDS.

« Cette semaine-là avait été difficile. Je n’avais aucune énergie pour jouer au hockey. Quand je suis sorti du warm-up, je n’avais aucune force, tant physique que mentale. C’est là que j’ai pris la décision de me retirer du hockey, de prendre soin de moi et de demander de l’aide pour l’anxiété et l’insomnie. »

Du soutien de partout

Cette décision, il raconte l’avoir annoncée à Marc Bergevin et Dominique Ducharme à leur descente de l’avion au retour de l’équipe de Calgary.

« Il y a eu des larmes. J’avais joué 44 matchs. Il restait une semaine ou deux avant les séries éliminatoires. C’était difficile de quitter à ce moment parce que les séries, c’est la raison pour laquelle on joue. Mais je venais de frapper un mur. C’était le temps de prendre un pas de recul et de savourer la vie », a-t-il mentionné, précisant qu’il est physiquement, mais surtout mentalement, plus en santé que jamais.

Le sport professionnel a beau être un milieu compétitif, Drouin assure avoir ressenti des appuis aux quatre coins du circuit, à commencer par ses propres patrons et coéquipiers.

« Le soutien de Marc dès la première journée, ça a été A1. C’est la meilleure réponse que je pouvais recevoir », a-t-il souligné.

« Je suis resté en contact avec Dominique et les gars. C’était facile pour eux de comprendre. Ils ont joué avec moi, ils ont vu que certaines journées étaient plus difficiles que d’autres. C’était bon d’avoir le soutien de toute l’équipe. » 

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Fier de ses coéquipiers

Évidemment, il a suivi l’excellent parcours du Canadien en séries éliminatoires. Il s’est grandement réjoui pour ses coéquipiers et l’organisation, même si, à quelques occasions, cette marche jusqu’à la finale de la Coupe Stanley lui a tenaillé l’intérieur.

« Je suis vraiment content de ma décision, même s’il y a des matins où... je me rappelle la série contre Vegas. Ce sont des moments où je voulais retourner jouer au hockey. Mais j’avais pris une décision. D’ailleurs, quand j’ai arrêté, je suis allé voir le psychologue. Je me suis rapidement senti bien. Toutefois, je savais qu’il y avait plusieurs étapes à franchir avant de recommencer à jouer au hockey et revenir dans l’entourage de l’équipe. »

À Montréal et nulle part ailleurs

D’ailleurs, c’est avec le Canadien et aucune autre équipe que Drouin souhaitait effectuer son retour au jeu. Au terme de la finale, il s’est empressé de faire part de ses plans à Bergevin et Ducharme.

« Marc a fait une transaction pour moi. Je veux montrer pourquoi il est allé me chercher. J’ai connu de bonnes années et de mauvaises années, mais je voulais rester ici. Mon coach du junior est ici et c’est un coach extraordinaire. En plus, je sens qu’on a un groupe spécial et je veux en faire partie pour longtemps. »

Le bouillant marché montréalais ne lui fait donc pas peur, malgré l’épreuve qu’il a traversée au cours des derniers mois. 

« Je savais dans quoi je m’embarquais dès le premier jour. Il y a de la pression et des moments plus difficiles que d’autres, je suis capable de le comprendre. Mais, il y a du fun à jouer à Montréal. Le Centre Bell est toujours plein. Les partisans seront toujours là pour te donner de l’amour et te pousser. J’ai encore des papillons dans le ventre, même si ça fait quatre ans que je suis ici. »

Des papillons, il en aura sûrement encore le 16 octobre, lors de la présentation des joueurs qui précédera l’ouverture locale du Canadien. L’amour du public risque de se faire sentir, même si l’amphithéâtre ne pourra être comble.