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Manifestations devant les écoles: une loi pour éloigner les antivaccins?

Une nouvelle loi ou une injonction nécessaire, selon des experts

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La meilleure manière d’empêcher des militants antivaccins de s’adresser directement aux élèves près des écoles serait de passer une loi semblable à celle qui protège les cliniques d’avortement, estiment des experts.

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«Je ne sais pas sur quoi la police peut se baser pour intervenir s’il n’y a pas de loi [spécifique]», avoue Lucie Lemonde, professeure au département des sciences juridiques à l’UQAM. 

Depuis quelques semaines, des groupes de militants opposés aux mesures sanitaires multiplient les manifestations aux abords des écoles et des hôpitaux. 

La ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a donc demandé aux corps policiers d’exercer une vigilance particulière autour des écoles. 

Photo Agence QMI, Joël Lemay

Or, les policiers ne peuvent pas faire grand-chose pour empêcher ces manifestations, estiment quatre experts en droit consultés par Le Journal

Le droit de manifester est une liberté fondamentale, tant que ce n’est pas violent, que les activistes restent sur le trottoir et ne bloquent pas l’accès aux bâtiments, rappellent-ils.

«Ils ont le droit d’exprimer leur opinion, même si ce sont des opinions très douteuses», résume Me Julius Grey, avocat spécialisé en libertés individuelles.

  • Écoutez l'entrevue de Pearl Eliadis au micro de Geneviève Pettersen sur QUB radio:

 En faire plus

Mardi dernier, quelques militants se sont pointés devant l’école Robert-Gravel à Montréal. Les policiers sont intervenus après 45 minutes, disant avoir reçu des plaintes, si on se fie à une vidéo publiée sur Facebook. 

Jacques Langlois, président du conseil d’établissement de l’école Louis-Joseph-Papineau à Montréal. Il espère que les manifestations comme celle du 10 septembre ne se reproduiront plus.
Photo Chantal Poirier
Jacques Langlois, président du conseil d’établissement de l’école Louis-Joseph-Papineau à Montréal. Il espère que les manifestations comme celle du 10 septembre ne se reproduiront plus.

Un militant est reparti avec une amende de 450$ pour avoir «émis un bruit audible à l’extérieur», peut-on lire sur le constat d’infraction filmé dans la vidéo.

«Je crois qu’on doit en faire beaucoup plus» pour protéger les jeunes, dit Jacques Langlois, président du conseil d’établissement de l’école Louis-Joseph-Papineau, dans le quartier Saint-Michel.

MAXIME DELAND/AGENCE QMI

Il était aux premières loges le 10 septembre dernier quand une quinzaine de manifestants munis d’un porte-voix ont distribué des tracts, scandé des slogans et des discours antivaccins devant l’école.

«C’était très surprenant comme scène [...] Ce n’était pas sain, pas pertinent. C’est dangereux [...] J'espère que ça ne se reproduira plus», conclut-il.

Photo Agence QMI, Maxime Deland

Comme les pro-vie

Ce n’est pas tant le fait que ces militants s’expriment qui le dérange, mais le fait qu’ils haranguent directement des élèves mineurs qui sont là pour apprendre. 

Ces méthodes rappellent celles des militants pro-vie qui avaient l’habitude de prendre à partie des patientes près des cliniques d’avortement, note Lucie Lemonde. 

Depuis 2016, une loi provinciale leur interdit de s’approcher à moins de 50 mètres de ces cliniques.

«J’aime beaucoup cette analogie», dit Pearl Eliadis, professeure à l’Université McGill. Il pourrait donc s’agir d’un «moule intéressant» duquel s’inspirer pour mieux protéger les écoles, ajoute-t-elle. 

À court terme, une école pourrait demander une injonction du tribunal pour empêcher les manifestants d’approcher. «Mais ça coûte très cher» et les critères à remplir sont nombreux, estime Guillaume Rousseau, professeur à l’Université de Sherbrooke. 

Autres manifs à venir?

Jacques Langlois n'a pas l'intention d'en rester là. Il compte en faire le premier point à aborder lors de la première réunion du conseil d’établissement de son école, à la mi-octobre.

Pour ce qui est de l’idée d’instaurer une loi qui protégerait les abords de l’ensemble des écoles, le cabinet de la ministre Guilbault n’a pas répondu directement à notre question sur son intérêt. «Le droit de manifester est fondamental au Québec, mais si des manifestants en viennent à empêcher des élèves de pouvoir accéder aux établissements scolaires, les policiers vont intervenir.»

De son côté, le Service de police de la Ville de Montréal indique intervenir «en cas d’infractions criminelles, à la réglementation municipale ainsi qu’à la demande des directions d’école», explique la relationniste Anik de Repentigny par courriel. 

Concernant l'intervention de mardi à l'école Robert-Gravel, elle indique que les manifestants se sont montrés «relativement coopératifs». L'infraction était liée à l'utilisation d'un mégaphone, qui est interdite sur le domaine public en vertu d'un règlement municipal, précise Mme de Repentigny. 

Pour ce qui est des militants antivaccins les plus vocaux, ils ne semblent avoir l’intention de délaisser leurs cibles scolaires. 

«Nous allons continuer de manifester dans les écoles [...] Nous n’allons pas nous contenter de faire des parades le samedi au centre-ville. Nous allons frapper où ça fait mal, dire la vérité où ça fait mal», affirmait le militant François Amalega Bitondo dans une vidéo publiée mardi sur Facebook.

Photo Agence QMI, Maxime Deland

Contacté par Messenger, M. Amalega n’a pas répondu à notre demande.

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