/news/society
Navigation

Tragédie de Lac-Mégantic: Le procès civil du CP s'ouvre mardi

Coup d'oeil sur cet article

Plus de huit ans après la tragédie ferroviaire de Lac-Mégantic, le procès civil contre le Canadien Pacifique (CP) va enfin débuter mardi au Palais de justice de Sherbrooke.

Le procès visera à répondre à certaines interrogations sur le rôle joué par le CP lors du drame. Notamment, est-ce que le CP savait que le train transportait des liquides de schistes - plus volatils et explosifs que du pétrole brut - qui avaient été mal classifiés?

Les requérants allèguent aussi que le CP connaissait les pratiques déficientes de la Montreal Maine et Atlantique Railways et son piètre bilan en matière de sécurité et d'entretien de ses voies ferrées et de ses locomotives, si bien qu’à leur avis, le géant ferroviaire a été négligent en confiant le transport de brut à la MMA.

Le CP a toujours nié avoir une part de responsabilité dans les événements. L’entreprise est d’ailleurs la seule sur les 23 poursuivies au civil à ne pas avoir contribué au Fonds d'indemnisation d’environ 350 millions $ en échange d'une quittance.

La pétrolière Irving, à qui le pétrole était destiné, avait versé 75 millions $ dans ce fond, tandis que le vendeur du brut, World Fuel Services, a versé 110 M $.

Si la Cour Supérieure devait reconnaître une part de responsabilité au CP, le juge aura à déterminer le montant du dédommagement qui doit être versé aux membres du recours collectif, mais aussi au gouvernement provincial et aux compagnies d'assurance.

Le premier témoin entendu sera le mécanicien de locomotive Thomas Harding, celui qui a immobilisé le convoi sur la voie de service à Nantes sans avoir mis un nombre suffisant de freins à main.

Rappelons que le train laissé sans surveillance s'est mis en mouvement pendant la nuit pour parcourir une dizaine de kilomètres et dévaler la pente menant au centre-ville de Lac-Mégantic, où 63 wagons-citernes ont déraillé pour prendre feu et exploser. 47 personnes ont trouvé la mort dans cette catastrophe ferroviaire qui a entraîné la destruction de 44 bâtiments.

L'audition de cette action collective devrait durer sept mois. Au moins une douzaine d'experts viendront témoigner de part et d'autre.