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Élection fédérale: un pays sans bon sens

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Hier soir, on s’impatientait durant l’heure et demie où les résultats des votes des provinces maritimes entraient à un rythme qui demeure celui de ces provinces si tranquilles. Des provinces où l’on vit hors des déchirements identitaires et linguistiques que l’on connaît au Québec.

Hors également de l’atmosphère multiculturelle de l’Ontario où règnent la rectitude politique, la culture de la censure et des autodafés et un sentiment hostile à l’endroit du Québec dont on est en droit de se demander s’il ne va pas continuer de s’accentuer. 

J’avais l’intention de commenter les résultats de cette élection, qui n’aurait jamais dû être déclenchée, mais hier soir, j’ai jeté l’éponge. D’abord à cause de la fermeture des bureaux de vote à 21 h 30. Cela devenait risqué d’obtenir des résultats clairs, car nous ne sommes plus au temps où le bipartisme était la règle et deux partis accédaient en alternance au pouvoir. 

L’avenir du Canada s’annonce plus compliqué, plus complexe. Il faudra bien que les politiciens, contrairement à Justin Trudeau, fassent le deuil de former des gouvernements majoritaires. 

  • Écoutez la chronique de Denise Bombardier au micro de Sophie Durocher sur QUB radio:

Individualisme

Les consensus politiques sauf exception risquent de ne plus être la règle dans un Canada atomisé. Un Canada où les valeurs collectives sont devenues périmées. Car dans la société canadienne, le droit des individus a désormais primauté sur les droits collectifs 

Le Canada est le paradis du « moi ». Le « nous » est mal jugé. C’est pourquoi la défense de la laïcité et de la langue au Québec est perçue au Canada anglais comme du racisme et de l’intolérance. 

Certains croient à tort et à travers que les gouvernements minoritaires sont un pas en avant en démocratie. Or il faut voir comment Israël et l’Italie en particulier vivent sans parvenir à une majorité. Pour ces pays, les gouvernements tombent et se succèdent. 

Popularité caquiste

Nombreux sont ceux qui s’inquiètent de la popularité du gouvernement caquiste. On caricature même le premier ministre François Legault en le traitant de Duplessis, notre potentat local, qui fut aussi le défenseur de l’autonomie du Québec au temps où l’Église régnait sur nos âmes et nos votes. Mais sa popularité forte lui permettra de se maintenir au pouvoir après les prochaines élections.

À bien y penser, le Canada postnational et le Québec toujours nationaliste s’éloignent de plus en plus l’un de l’autre. On doit constater aussi que les victoires libérales au Québec sont le fait de circonscriptions anglophones et allophones avant tout. 

Qui eût cru que la redéfinition du Canada, à l’initiative de Pierre Elliott Trudeau d’abord, et puis de son fils, plus centralisateur que son père, et plus enclin à imposer l’individualisme triomphant, entraînerait un affrontement Canada-Québec plus radical ? Autrement dit, l’avenir du Canada aura des lendemains moins ensoleillés que plusieurs ne le croient.