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Que penser du duo Trudeau-Singh pour quatre ans?

Que penser du duo Trudeau-Singh pour quatre ans?
Photo AFP

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Justin Trudeau n’a pas obtenu le mandat majoritaire dont il rêvait, mais il est plus près de son objectif que ce que vous pouvez croire. 

Son souhait était de gouverner en paix pour quatre ans en devenant majoritaire. Ce qu’il a obtenu, c’est la possibilité de gouverner en paix pour quatre ans... en gardant Jagmeet Singh et le NPD de bonne humeur. Leurs deux partis sont conscients que la population ne veut plus d’élections à court terme, ils vont faire un bon bout de chemin main dans la main.

Le problème, c’est que le Canada est plongé dans un gouffre financier. M. Trudeau avait commencé à faire des déficits avant la pandémie. Puis la pandémie a saccagé la situation financière du pays.

Duo au pouvoir

Que penser désormais du duo Trudeau-Singh pour quatre ans ? Personnellement, j’y vois presque une malédiction. Déjà qu’aucun retour à l’équilibre budgétaire n’est prévu, leur association à moyen ou long terme pourrait amener le Canada encore plus profond dans le gouffre. 

Justin Trudeau est dépensier de nature. Lorsqu’il crée un programme, il oublie de mettre des contrôles, des limites. Lorsque tout allait bien au Canada, il a proposé de faire des déficits parce qu’il y tenait philosophiquement. Un gouvernement ne devrait jamais balancer son budget, selon lui. En début de mandat, il parlait d’équilibrer le budget un jour. Maintenant, il dénonce tout effort pour éliminer le déficit comme étant de l’austérité destructrice.

Durant toute la campagne, l’acolyte Jagmeet Singh s’est vanté d’avoir encouragé M. Trudeau à dépenser davantage. Il prend le mérite d’avoir rendu les programmes plus généreux. Et il promet de le faire encore ! Il a pris plusieurs engagements de promouvoir de nouvelles dépenses en évoquant le scénario où il détiendrait la balance du pouvoir.

M. Trudeau, qui aime dépenser naturellement, va subir des pressions constantes de son allié circonstanciel pour dépenser plus encore. Voilà qui donne froid dans le dos ! Imaginez quelqu’un qui a tendance à conduire trop vite. Vous faites monter un ami sur la banquette arrière qui crie « Vas-y ! Pèse sur le gaz ! » 

Ça va finir dans le mur. Comme le Canada.

Opposition affaiblie

Parmi les forces qui devraient retenir M. Trudeau et l’inciter à plus de prudence, il y a l’opposition conservatrice. Oubliez-les. Les guerres idéologiques intestines vont gruger ce parti dans les années à venir. Le Parti conservateur et son chef (O’Toole ou un successeur) vont vivre tellement de déchirements internes qu’il leur restera peu d’énergie pour offrir une opposition musclée au gouvernement.

La dette du Canada a dépassé les mille milliards avec les déficits liés à la pandémie. Et on prévoit y empiler des centaines d’autres milliards de nouveaux emprunts.

L’ampleur des dépenses gouvernementales a déjà commencé à provoquer de l’inflation, laquelle nous rattrape en hausse du coût de la vie.

Le duo Trudeau-Singh pourra-t-il avoir un sursaut de sens des responsabilités ? Un tel sursaut n’est pas payant politiquement pour eux.