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Trois ans de prison pour un voyeur qui espionnait ses jeunes voisines

Il s’était équipé d’appareils d’espionnage pour observer et filmer ses jeunes victimes

GEN - SYLVAIN DESPAROIS ACCUSÉ
PHOTO D'ARCHIVES, MARTIN ALARIE Sylvain Desparois, coupable de voyeurisme, au palais de justice de Longueuil, lors des observations sur la peine en juin dernier.

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Un voyeur de Châteauguay qui s’était muni d’équipements comme une caméra sportive et un puissant téléobjectif afin de filmer ses voisines, souvent d’âge mineur, jusque dans l’intimité de leur salle de bain, a écopé mercredi de trois ans de détention. 

« Ses actions sont répugnantes et odieuses. Il s’immisçait dans l’intimité de ses victimes, violait leur vie privée sans scrupule et enregistrait sur support numérique des scènes qui le satisfaisaient sexuellement », a déclaré le juge Serge Delisle, en condamnant Sylvain Desparois au palais de justice de Longueuil.

L’arpenteur de 52 ans a été reconnu coupable en mars de possession et production de pornographie juvénile, de voyeurisme et d’action indécente. 

Pendant plus de huit ans, Desparois a déployé des efforts considérables, a souligné le magistrat, afin d’observer et de filmer des voisines dans son immeuble résidentiel à Châteauguay, en Montérégie. 

Pour parvenir à les filmer dans leur salle de bain ou encore leur chambre à coucher, il s’était équipé notamment d’une caméra sportive et d’une perche. 

Desparois a aussi utilisé un téléobjectif « extrêmement puissant » pour observer des enfants et des femmes en maillot de bain qui s’amusaient dans les jeux d’eau au parc, face à sa demeure.

Peur d’être agressée

Une adolescente qui a été épiée à son insu dans son intimité par le voyeur a d’ailleurs raconté au tribunal qu’elle doute constamment de sa sécurité en plus d’avoir souffert de nausée et d’insomnie.  

« Elle se méfie des hommes et a peur de se faire agresser ou violer. Puisque les infractions ont été commises alors qu’elle se trouvait dans sa chambre, elle n’a plus de quiétude d’esprit », a rappelé le magistrat. 

L’homme a fait de nombreuses autres victimes, qui n’ont pas toutes pu être identifiées. Les événements filmés se comptent par dizaines, voire par centaines.

Une voisine avait également surpris Desparois en pleine séance de masturbation sur le terrain de leur immeuble. 

Fort risque de récidive

Le juge Deslisle considère le risque de récidive du voyeur comme élevé, notamment « puisqu’il minimise sa culpabilité ». 

Lors des observations sur la peine, l’avocat de Desparois a plaidé que son client n’a pas réalisé qu’il faisait des victimes.

« Il ne s’agit pas d’un crime sans victimes. L’impact sur la société lorsque la vie privée des gens est envahie est évident », a exprimé le magistrat.

Lors de son témoignage, Desparois avait aussi soutenu qu’en observant des gens avec son téléobjectif, il croquait simplement des moments de vie. Ces propos ont fait sourciller le magistrat. 

« Il minimise ses gestes, ne reconnaît pas la gravité de ceux-ci ni l’impact de son comportement sur les victimes », a-t-il déploré dans son jugement.