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Au volant d’une «F1» du tennis

L’entraîneur de «FAA», Frédéric Fontang, fier du parcours de son protégé

Aliassime et Fontang
Photo courtoisie Sam Aliassime et Frédéric Fontang travaillent en étroite collaboration pour que la carrière de Félix Auger-Aliassime poursuive sa courbe ascendante. L’entraîneur français était de passage hier à l’Académie Aliassime.

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Pas étonnant que Félix Auger-Aliassime continue de franchir les étapes à la vitesse grand V sur le circuit de l’ATP. « Félix, c’est une Formule 1 », atteste son entraîneur Frédéric Fontang, de passage à Québec, où il prend plaisir à découvrir la genèse de l’une des étoiles montantes du tennis.

Fontang, qui s’occupe depuis décembre 2016 de la carrière du Québécois et 11e joueur mondial, a prodigué jeudi son savoir aux joueurs et entraîneurs de l’Académie Aliassime. 

De la visite rare de celui qui n’avait pas mis les pieds à Québec depuis 2011, dans le cadre de la défunte Coupe Banque Nationale.

La progression d’Auger-Aliassime, qui a culminé ce mois-ci avec sa participation à la demi-finale des Internationaux des États-Unis, était évidemment à l’ordre du jour lors de la rencontre de l’entraîneur avec les médias. 

« Félix a encore franchi un cap supplémentaire cette année, qui était de bien jouer dans les gros tournois. Il a été dans les huitièmes de finale en Australie, en quarts de finale à Wimbledon, en demi-finale à l’US Open. C’est cette constance dans les gros tournois qui compte parce que c’est là que tout se joue. »

« Il avance de façon rapide, même si chacun a son chemin. Une demi-finale, c’est simplement une confirmation de son travail qui vient de loin », a mentionné Fontang.

Pas de presse

Avant de diriger la destinée de FAA, le Français avait aidé un autre Canadien, Vasek Pospisil, à passer du 135e rang mondial au début de leur collaboration au 25e échelon en janvier 2014. 

L’ascension d’Auger-Aliassime l’amène aujourd’hui dans une autre stratosphère.

« Chacun a son chemin », a-t-il pris soin de rappeler sagement. 

« Tous les jours, il est important que Félix soit un meilleur joueur de tennis. La conséquence va être les résultats en compétitions, mais on ne peut pas dire que ce travail va payer dans six mois ou un an. On a un échéancier sur le processus de travail, mais le reste, on ne maîtrise pas. À son âge, il a déjà plusieurs finales et un premier titre sera important, mais les titres viendront quand ils viendront. »

Plus que du tennis

En avril, le réputé Toni Nadal s’est joint à l’équipe d’entraîneurs d’Auger-Aliassime. Les résultats de la collaboration sont probants et Fontang a maintenu un lien fort avec son protégé.

« C’est comme en randonnée en montagne. C’est important d’avoir un guide qui a déjà fait les sommets. Ça ne veut pas dire qu’on ne va pas faire le chemin nous-mêmes, mais c’est important d’avoir quelqu’un qui nous aide à éviter les pièges », a imagé l’entraîneur au sujet de l’oncle de Rafael Nadal, détenteur de 20 titres en Grand Chelem. 

« Mon rôle n’a pas changé au sens où je fais le travail au quotidien et je suis un peu le gérant en tournée de l’équipe. Toni vient me mettre au défi en allant chercher de l’information et il le fait aussi avec Félix. »

Aux yeux de Fontang, la collaboration avec le jeune prodige de 21 ans perdure aussi parce qu’elle transcende le sport.

« Il y a l’entraînement, mais la plus-value avec Félix, c’est qu’on peut avoir beaucoup de discussions philosophiques sur la politique, la musique, la technologie... Pour moi, qui ai 51 ans, ça permet d’échanger sur plein de domaines et on s’enrichit. Au petit déjeuner, on s’assoit et on aime bien débattre », sourit-il.

Félix Auger-Aliassime est actuellement à Boston où il prend part à la Coupe Laver au sein de l’équipe monde avec son compatriote Denis Shapovalov, entre autres. 

C’est le légendaire John McEnroe qui est capitaine de l’équipe.

À la découverte des racines de Félix  

QUÉBEC | Bien avant de s’illustrer sur la scène du tennis international, c’est par les enseignements de son père Sam que Félix Auger-Aliassime a appris les rudiments de son futur métier.

Responsable de l’Académie qui porte son nom, Sam Aliassime travaille depuis des années avec Frédéric Fontang, l’entraîneur de son fils, mais jamais il n’avait eu l’opportunité de le recevoir.

« Connaître l’historique d’un joueur, c’est très important pour un entraîneur comme Fred. C’est bien beau d’en parler, mais d’être ici à Québec, de voir l’environnement dans lequel il a évolué, ça lui permet de comprendre mieux d’où vient Félix », s’est réjoui le père de la 11e raquette mondiale.

Les pieds sur terre

Les deux complices sont d’ailleurs en constante collaboration pour le bien de Félix Auger-Aliassime. 

Les plus récents résultats sont concluants, mais Sam Aliassime est loin de flotter sur un nuage et il demeure concentré sur les petits détails pour aider fiston, plutôt que de festoyer.

« Rien n’a changé, a-t-il assuré. Il y a cinq jours, j’ai appelé Fred pour lui demander de quelles balles ils avaient besoin pour les prochains tournois. Il m’a dit qu’il voulait des balles de l’US Open et je lui ai dit : Parfait, je m’en viens à Montréal avec des balles. » 

« On n’est pas en train de boire du champagne, on est en train de chercher des balles pour le prochain tournoi ! », a-t-il lancé en éclatant de rire.

La saucette en sol québécois pour Fontang n’a fait que confirmer ce qu’il savait déjà.

« J’ai toujours associé les parents au projet. J’ai deux enfants aussi et je comprends l’importance de la famille. En même temps, Sam a l’intelligence de faire confiance à l’entraîneur sans s’immiscer de la mauvaise façon. On échange sur tous les sujets, et parfois Sam m’éclaire sur des options », a souligné l’entraîneur.

Une visite bientôt 

Sans se prononcer sur une date, Sam Aliassime a promis que son fils bien en vue serait de retour à Québec « bientôt », afin de redonner aux jeunes de l’Académie Alliasime.

« On va voir avec Fred, dès que le calendrier le permet. Je suis content que Fred voie ça, parce qu’il peut sentir à quel point c’est important pour Félix de venir ici. S’il n’y avait pas eu ça, il n’aurait pas avancé. Félix le reconnaît bien et me dit toujours : Qu’est-ce que je peux apporter aux jeunes ? Qu’est-ce que je peux faire pour le club ? »