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Canadien : équipe modifiée, défi gigantesque

GEN - ENTRAINEMENT DU CANADIENS DE MONTRÉAL
Photo Martin Alarie Josh Anderson exerce un énorme leadership chez le Canadien.

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Oublions la COVID, un instant. Personne ne peut enlever au Canadien son beau parcours lors des dernières séries éliminatoires. Deux des trois équipes qu’il a vaincues en cours de route, les Maple Leafs de Toronto et les Golden Knights de Vegas, avaient terminé loin devant lui au classement. Ses succès n’avaient rien à voir avec la chance.

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Quant à savoir ce que nous réserve la prochaine saison, tout le monde s’entend pour dire que la tâche ne s’annonce pas facile avec le retour des divisions et du format des séries habituels.

L’équipe a subi des transformations assez profondes. C’est un défi gigantesque qui l’attend dans la division Atlantique et l’Association de l’est.

Pour mériter un billet au tournoi printanier, le Tricolore aura besoin de l’apport de tous ses joueurs, sans exception.

Allen ne pouvait pas partir

Commençons par Carey Price.

Il devra être plus performant qu’il l’a été en saison régulière, l’hiver dernier. Ce n’est pas pour rien que Marc Bergevin a tenu à protéger Jake Allen au repêchage de l’expansion.

Allen est la meilleure police d’assurance qu’il pouvait s’offrir. Sans lui, son équipe aurait raté les séries printanières.

Cayden Primeau n’est pas encore prêt pour jouer régulièrement dans la Ligue nationale.

Anderson a du leadership

Passons à Shea Weber.

Si son leadership va manquer dans le vestiaire, il n’en reste pas moins que son corps ne le suivait plus. 

S’il met sa carrière sur pause, c’est qu’il ne pouvait plus être Shea Weber et qu’il ne le sera vraisemblablement plus jamais.

Quand je regarde les effectifs, je me dis que Josh Anderson pourrait camper un rôle de meneur. Il va au front à tous les matchs, il exerce une forte présence sur le banc.

Brendan Gallagher sera toujours là pour inspirer ses coéquipiers, mais il n’en impose pas autant qu’Anderson face aux adversaires.

Le Tricolore va s’ennuyer aussi du style abrasif de Corey Perry. On peut penser que Bergevin aurait été prêt à lui faire de la place sur sa masse salariale pour un an, mais pas pour deux saisons comme l’a fait le Lightning de Tampa Bay.

Le départ de Phillip Danault sera comblé par l’arrivée de Christian Dvorak, dont le contrat correspond mieux à sa valeur sur la glace que Danault s’est vu consentir à Los Angeles.

KK leur explosera-t-il au visage ?

Bergevin a pris la même décision dans le cas de Jesperi Kotkaniemi. Mais attendons avant de qualifier KK de flop. On ne peut pas dire d’un joueur de 21 ans qu’il est un échec.

Si Kotkaniemi sort de sa coquille en Caroline, une pluie de critiques va s’abattre sur Trevor Timmins, Claude Julien, Dominique Ducharme et Bergevin.

On répétera que le Canadien est incapable de bien développer ses premiers choix au repêchage. 

Pour continuer avec les nouveaux attaquants, Mike Hoffman remplacera Tomas Tatar. Cédrick Paquette et Mathieu Perreault amèneront de la combativité et de la profondeur.

Suzuki et Caufield sous pression

Pour ce qui est des autres joueurs d’avant, Nick Suzuki et Cole Caufield auront de la pression sur les épaules. Mais à en juger par leur attitude dans le dernier droit la saison dernière, ils peuvent en prendre.

Jonathan Drouin demeure, quant à lui, une énigme. Lui seul dessinera l’avenir de sa carrière. S’il revient dans de bonnes dispositions et qu’il se prend en main, le Canadien devrait en bénéficier.

Chez les défenseurs, David Savard n’a pas la renommée de Weber, mais c’est un joueur honnête et combatif capable de remplir les grosses tâches en territoire défensif.

Et, statistique intéressante, il a déjà connu une saison de 36 points avec les Blue Jackets de Columbus.

Il faudra voir, par ailleurs, de quelle façon Alexander Romanov sera dirigé. Il ne faudrait pas gaspiller un autre espoir. 

Le coach est plus à l’aise  

Dominique Ducharme a effectué une tournée des médias, la semaine dernière. Il a reçu des journalistes de la presse écrite au centre d’entraînement du Canadien, à Brossard, donné des entrevues à la radio et rendu visite à des stations de télévision. Il s’en est dégagé une constance.

Il est apparu beaucoup plus à l’aise devant les enregistreurs des représentants des quotidiens, des micros de radio et des caméras de télévision.

Il s’agit d’un net changement par rapport à la saison dernière.

On me dit qu’il détestait les entrevues sur Zoom. Il ne savait pas trop où regarder et l’absence de contact humain le dérangeait.

Pas besoin de vous dire que les journalistes sont bien contents de l’apprendre.

Rien ne bat les rencontres face à face.

Bien en selle

Ducharme entreprend aujourd’hui son premier camp d’entraînement à titre d’entraîneur en chef du Canadien.

Il a succédé à Claude Julien dans des conditions difficiles, mais il a donné raison à Marc Bergevin, qui sentait avant la saison que son équipe était en mesure de causer des dommages dans les séries.

Aujourd’hui, Ducharme est bien en selle.

Il a un contrat de trois ans en poche et sa réputation est à la hausse dans la Ligue nationale de hockey. Il est considéré comme l’un des bons jeunes entraîneurs de la ligue.

Le défi qui l’attend cette saison n’est pas moindre que celui qu’il a relevé la saison dernière.

Mener le Canadien aux séries sera une grande tâche à remplir, mais il en est capable.

Bon hiver, le coach !