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Un ministre qui en aura plein les bras

GEN-Débats de quatre candidates fédéraux à Montréal
Photo Agence QMI, Mario Beauregard Steven Guilbeault

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Steven Guilbeault sera-t-il encore ministre du Patrimoine ? Vaudrait mieux, car un breakdown attend n’importe quel nouveau venu.

Depuis le début de la pandémie, le gouvernement libéral s’est montré le plus débonnaire des mécènes. Il a dépensé presque deux milliards pour soutenir les arts, la culture, le patrimoine, les sports et les festivals. Mais le milieu attend toujours qu’il révise des lois qui nous permettraient d’entrer de plain-pied dans l’ère numérique. 

Qu’on soit à bout de patience malgré les largesses du gouvernement n’a rien d’étonnant. Les consultations pour la révision de ces lois ont commencé avant même que le gouvernement Trudeau soit au pouvoir. C’est en 2013 que Jean-Pierre Blais, alors président du CRTC, lança une grande offensive appelée « Parlons télé : une conversation avec les Canadiens ». 

À partir de cette initiative, on n’a jamais tant parlé, jamais tant consulté, jamais tant étudié. Les fonctionnaires et les associations ont organisé mille remue-méninges, les diffuseurs ont tenu mille réunions, conférences et appels téléphoniques, mais rien n’a changé. Les industries culturelles vivent toujours sous l’empire de lois entrées en vigueur l’année où Tim Berners-Lee a lancé le « World Wide Web » et les géants du Net continuent de saigner médias et créateurs qui n’ont pas encore rendu l’âme.

Quatre ministres en sept ans

Depuis James Moore, soit un peu plus de sept ans, quatre ministres du Patrimoine ont pris le bâton du pèlerin pour nous guider vers l’ère numérique, Steven Guilbeault étant le dernier en lice. À la dernière élection, le Parti libéral du Canada a promis mer et monde aux médias et aux industries culturelles. Sa plateforme électorale a même fixé des échéances précises. D’ici à 100 jours, donc le 29 décembre prochain (ou au plus tard le 8 mars 2022 si on donne congé à nos élus les week-ends !), les choses suivantes devraient être enfin réglées :

- Un sommet pour relancer le secteur des industries culturelles ; 

- Le dépôt du projet de loi, mort au feuilleton cet été, qui réformera la loi sur la radiodiffusion et forcera les géants du web à contribuer à la création de musique, d’émissions et de séries de télévision originales canadiennes ;

- Le dépôt d’un projet de loi obligeant les plateformes numériques à partager avec nos organes d’information les revenus qu’elles tirent de leurs nouvelles ;

- Le dépôt d’un projet de loi pour assainir le contenu des réseaux sociaux.

De vrais travaux d'Hercule

Tout en menant à bien ces chantiers, le ministre du Patrimoine veillera à rajeunir la Loi sur le droit d’auteur, à moderniser Téléfilm, l’ONF et le Fonds des médias du Canada, à augmenter leur financement et celui du Fonds de la musique du Canada, à octroyer 13 millions $ par an au Bureau de l’écran autochtone, et à charger la Banque de développement du Canada et Exportation et développement Canada d’aider nos industries créatrices à trouver de nouveaux marchés.

Le ministre devra aussi faire en sorte que le Parlement révise le mandat de Radio-Canada et qu’il réaffirmera son rôle de diffuseur public. Les émissions devront se démarquer de celles des diffuseurs privés, l’information et la culture autochtones devront y
occuper plus de place et Radio-Canada International veillera à répandre la bonne nouvelle de nos valeurs dans le monde. Enfin, moyennant 400 millions $ sur quatre ans, Radio-Canada éliminera la publicité de ses émissions d’information et d’affaires publiques.

Un chausson avec ça, monsieur le ministre ?