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Baisse de 10% des inscriptions en soins infirmiers depuis dix ans

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Alors que Québec prend les grands moyens pour tenter de régler une fois pour toutes la pénurie d’infirmières dans le réseau de la santé, le nombre d’inscriptions dans les programmes de soins infirmiers au cégep a diminué de près de 10% en dix ans.

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«C’est un signal d’alarme», lance Bernard Tremblay, président-directeur général de la Fédération des cégeps, qui est préoccupé par cette «tendance lourde». 

Une augmentation des inscriptions est toutefois observée cet automne dans plusieurs cégeps de la province, dont des cégeps de Québec et de Montréal, mais il faudra encore quelques années avant que cette hausse ne se traduise concrètement dans le réseau de la santé. 

«On a beaucoup parlé des infirmières depuis le début de la pandémie, ça suscite chez plusieurs personnes un intérêt renouvelé. Mais si on n’agit pas immédiatement sur différents fronts, je doute que cet engouement temporaire va se maintenir», affirme M. Tremblay. 

Le plan présenté jeudi par Québec pour attirer et retenir davantage d’infirmières dans le réseau public est «intéressant», mais ses répercussions risquent peu de se faire sentir dans les cégeps puisque les mesures dévoilées visent des résultats à court terme, ajoute le PDG de la Fédération des cégeps. 

Pour inciter davantage d’étudiants à s’inscrire en soins infirmiers, il faut d’abord dissiper «l’ambiguïté» qui persiste entourant l’accès à la profession, selon lui. 

La semaine dernière, les commissaires qui ont mené les états généraux sur la profession d’infirmière recommandaient que le baccalauréat en soit l’unique porte d’entrée, une revendication de longue date de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec, qui a organisé cette consultation. 

Les acteurs du réseau collégial s’y opposent fermement, affirmant que cette position est carrément «irresponsable», alors que les besoins en personnel infirmier sont criants. 

Selon un sondage réalisé ce printemps auprès de 3500 étudiants en soins infirmiers, 44% d’entre eux n’auraient pas choisi cette profession si le baccalauréat avait été obligatoire. 

La Fédération des cégeps presse Québec de mettre fin, une fois pour toutes, à ce débat qui est «l’un des facteurs qui contribuent à cette perte d’intérêt» envers les programmes de soins infirmiers au collégial, selon M. Tremblay. 

Au cabinet de la ministre de l’Enseignement supérieur, Danielle McCann, on ne ferme toutefois pas la porte au baccalauréat comme unique voie d’accès à la profession. 

Dans une déclaration écrite, la ministre précise qu’aucune demande officielle n’a encore été faite à ce sujet. Lorsque ce sera le cas, une décision sera prise à la suite des recommandations qui seront formulées par l’Office des professions, indique-t-elle. 

 «Notre objectif, c’est de nous assurer que plus d’infirmières seront formées», a ajouté Mme McCann.

Nombre d’inscriptions dans les programmes de soins infirmiers au cégep   

  • 2011-2012: 11 004  
  • 2012-2013: 11 341  
  • 2013-2014: 11 310  
  • 2014-2015: 11 391  
  • 2015-2016: 11 299  
  • 2016-2017: 10 979  
  • 2017-2018: 10 829  
  • 2018-2019: 10 158  
  • 2019-2020: 10 072  
  • 2020-2021: 9967   

Source : ministère de l’Enseignement supérieur, données transmises par la Fédération des cégeps.

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