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Coupe Ryder 2021: atmosphère électrique

Le premier coup de départ à la Coupe Ryder exige des nerfs d’acier

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Photo AFP Il règne une ambiance unique à l’occasion de la Coupe Ryder sur les tertres du Whistling Straits.

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SHEBOYGAN, Wisconsin | Aucun événement dans le monde du golf n’égale la poussée d’adrénaline et la nervosité sur le premier tertre de la Coupe Ryder. Une réalité tant pour les vétérans que pour les recrues. 

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Imaginez la scène dans l’amphithéâtre de quelque 10 000 spectateurs festoyant depuis les petites heures du jour. Des milliers d’autres longent les cordes. 

L’atmosphère est survoltée durant les minutes menant au premier coup de départ de Sergio Garcia et Justin Thomas. L’aiguille des décibels frôle la limite.

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Il faisait frais au lever du soleil d’une splendide matinée à Whistling Straits, vendredi. Mais déjà, l’alcool avait réchauffé les joyeux lurons dans les gradins. On en voit et on en entend de toutes les couleurs. Des milliers sont déguisés. Des centaines sont grivois. Mais il faut retenir les plus amusants qui entraînent la foule à crier les « USA, USA, USA » et entonner l’hymne national. 

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Les gradins vibrent, le son résonne à des centaines de mètres à la ronde. C’est totalement différent des départs en championnat majeur. 

Pourtant, dans les jours menant au Tournoi des Maîtres à Augusta, tous les golfeurs affirment que le premier trou est le plus intimidant dans le monde du golf. Ils parlent surtout de la signification de ce premier coup de départ à un endroit mythique. 

Le premier coup de départ à l’Omnium britannique pèse aussi très lourd sur les épaules. 

Mais quand un golfeur défend avec honneur sa nation dans une prestigieuse compétition biennale datant de 1927 devant l’Amérique, l’Europe et le monde entier, il faut des nerfs d’acier. 

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Inoubliable

Cette semaine, Justin Thomas se remémorait son premier coup en tournoi de la Coupe Ryder. Il n’est pas très loin. Il l’a exécuté au Golf National à Paris, en septembre 2018. 

« Je m’en souviens encore comme si c’était hier. La configuration pour se rendre au premier tertre était absurde. Il fallait traverser un gros pont. Dès que j’étais à l’échauffement du jeu court, j’étais stressé », a-t-il raconté. 

« Je jouais avec Jordan [Spieth], a poursuivi celui qui était une recrue à l’époque. Il avait été merveilleux, car il avait déjà vécu ce moment. Il savait ce que je ressentais. 

« En se rendant au tertre, il m’avait demandé qui frapperait cette première balle puisque nous jouions en formule à quatre balles. C’est moins important de déterminer le premier à frapper. Il m’avait alors demandé si je voulais le faire ou lui laisser le premier coup.  

« J’avais répondu que je voulais frapper en premier. Il m’avait aussitôt dit : “Tu l’as, vas-y”. Jordan savait que j’aurais à m’adapter à cette scène.

« C’est un moment bizarre qui est très difficile à expliquer, mais j’ai toujours voulu le revivre. »

La jeune recrue américaine avec déjà deux titres majeurs en poche Collin Morikawa a apprécié cette expérience unique, vendredi matin.  

« J’aurais préféré placer la balle dans l’allée, mais c’était vraiment plaisant. Tu ne vis ce moment qu’une seule fois. Je vais toujours m’en souvenir », a exprimé celui qui a d’ailleurs remporté son premier match en carrière en compagnie de Dustin Johnson. 

Dustin Johnson et Collin Morikawa
Photo AFP
Dustin Johnson et Collin Morikawa

Toujours intense

Les quatre groupes avaient tout juste pris le départ en matinée sur le coup de 8 h que les spectateurs affluaient déjà dans les gradins autour du premier tertre. Ils voulaient être témoins des coups de départ de la session d’après-midi. 

Quatre heures plus tard, après avoir aligné les bières et avalé bon nombre de cocktails, la scène est toujours aussi intense. Les spectateurs sont bien avertis de respecter l’étiquette et de rester polis. N’empêche, alors que le tournoi est bien entamé, les Européens ne sont plus les bienvenus au Wisconsin. 

On l’entend haut et fort aux quatre coins du Straits. C’est la magie de la Coupe Ryder.

Coup fumant  

Acculé au pied du mur dans le match face à Jon Rahm et Sergio Garcia, Jordan Spieth a réussi un spectaculaire coup près du vert de la normale 3 du 17e fanion.

Les images tourneront dans les meilleurs faits saillants sportifs pendant très longtemps. 

Mise en situation. 

En formule de quatuor dans laquelle les membres d’une équipe frappent la balle en alternance, Justin Thomas place la balle américaine en très mauvaise position. 

En retard par deux trous, son coéquipier doit réaliser l’impossible : sortir la balle du foin depuis l’abord du vert, à l’aveugle à une douzaine de pieds sous la surface. Il faudrait un miracle pour en sortir. 

Spieth s’installe avec son wedge à 52 degrés, prend appui avec son genou gauche sur le muret et s’exécute. La balle grimpe dans les airs comme une fusée et tombe comme une fleur sur le vert, à environ six pieds du fanion. La foule rugit. Placé sur un monticule de l’autre côté du vert, l’auteur de ces lignes est témoin du coup d’éclat.

Mais dans la seconde suivant le contact, Spieth perd l’équilibre et dévale la pente accidentée vers le lac, traversant au passage des fosses. Il termine sa course à quelques pieds de la berge. 

« Je n’ai pas exagéré la scène. C’est très abrupt. Quand j’ai bougé dans l’élan, je me suis dit que je devais tenir debout jusqu’à ce que je trouve un endroit plat, a-t-il raconté après le match. 

« On aurait pu frapper 1000 balles, aucune n’aurait terminé à cet endroit, si près de la coupe », a-t-il ajouté.

Garcia assommé

Bouche bée, ses adversaires l’ont même applaudi. « Je craignais qu’il ne se blesse, a mentionné Garcia. Il a réussi un coup incroyable. Jamais je n’aurais cru qu’il atteindrait le vert, d’aucune façon. » 

Justin Thomas n’a pas terminé le travail. En ratant le roulé pour la normale, il a donné la victoire aux Européens.