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Explosion à Beauceville: frappé par un souffle de chaleur de plus de 1000°C

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Jean Lachance, l’un des travailleurs morts à l’usine de Beauceville où une violente explosion a fait deux autres victimes lundi, a été brûlé sur plus de 90% de son corps, frappé, comme ses collègues, par un «souffle de chaleur de plus de 1000 degrés Celsius».

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C’est du moins ce qu’a expliqué son frère, Mario Lachance, qui est revenu sur les tragiques événements de lundi en entrevue avec Mario Dumont. 

Jean Lachance, 51 ans, travaillait chez SDB Séchoirs de Beauce depuis 28 ans. 

Lorsque son frère a d’abord entendu parler de l’incendie, lundi, il ne s’en est pas trop inquiété. 

«Connaissant mon frère, dans ma tête il était sorti là, regardait de l’extérieur et essayait d’aider le monde. C’est l’image que j’avais en tête quand on m’a annoncé [l’explosion]», raconte-t-il sur les ondes de LCN. 

Toutefois, le véritable portrait de la situation était bien plus sombre. Amené à l’hôpital, Jean Lachance a rapidement été endormi et intubé. 

Difficile pour Mario Lachance d’avoir des nouvelles de son frère dans le tourbillon des événements. C’est lorsque sa cousine l’a appelé qu’il a compris la gravité de la situation.

«Elle m’a dit: "Mario, monte ça presse!" [...] On m’a dit qu’il était brûlé, mais pas à 90%! On ne m’a pas dit "troisième degré", on ne m’a pas dit l’ampleur des blessures. »

Terminaisons nerveuses détruites

«L’intervention à Saint-Georges a permis d’être capable de pouvoir voir mon frère encore en vie, même si c’étaient les machines qui le maintenaient. Sinon quelques minutes de plus, ils n’étaient pas capables de l’intuber et il s’en allait. À 90% de brûlures au haut du corps, c’est une réaction en chaîne», explique Mario Lachance. 

Jean Lachance a ensuite été transféré à l’Hôpital de l’Enfant-Jésus, à Québec. 

«C’est un souffle de chaleur de plus de 1000 degrés qu’ils ont subi. Ils ont eu un flash de chaleur. Moi ce que j’ai su c’est qu’il était sorti sur ses pieds. Le médecin nous a dit que les brûlures au troisième degré, il n’y a pas de douleur, toutes les terminaisons nerveuses sont disparues dans le corps. On nous a dit que ce n’est pas rare que les personnes arrivent à l’urgence en marchant, mais l’inflammation est tellement importante que ça se met à enfler de partout», explique avec du recul le frère de la victime.

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Jean Lachance, 51 ans, et Martin Roy, 50 ans, tous deux de Saint-Georges, ainsi que Mario Morin, 57 ans, de Beauceville, ont perdu la vie à la suite de la déflagration. Ils étaient chacun papa d’un fils unique. 

Ils étaient intervenus pour tenter d’éteindre l’incendie qui s’était déclaré dans l’entreprise, mais l’explosion est survenue. Les trois pères sont décédés des suites de leurs graves brûlures. 

«J’ai fait une demande pour que ces trois personnes-là aient la médaille de la bravoure. Je sais que c’est une démarche qui peut être longue, mais dites-vous que pour moi, je leur ai déjà remis», conclut l’homme endeuillé.