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Une attaque «basse»: Roberge encore en poste parce qu’il est un homme?

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Jean-François Roberge est maintenu en poste comme ministre de l’Éducation uniquement parce qu’il est un homme, selon la députée libérale Marwah Rizqy.

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« Si ça avait été une femme, Roberge aurait été dégommé. Si ce n’était pas Jean-François Roberge, mais plutôt Marie-France Roberge, il n’aurait plus occupé ses fonctions. On a vu des femmes ministres perdre leur job pour bien moins que ça ! » a lancé vendredi la députée de Saint-Laurent, à l’Assemblée nationale. 

Elle avait convié le ministre de l’Éducation à un débat de deux heures au sujet de son bilan.

Marwah Rizqy
Photo d'archives, Didier Debusschere
Marwah Rizqy

Mme Rizqy donne une très mauvaise note au ministre de l’Éducation pour sa gestion du réseau depuis trois ans. Elle en prend pour preuve le décrochage scolaire à la hausse, la pénurie d’enseignants, la lenteur à déployer les tests de dépistage rapide de la COVID-19 dans les écoles et la controverse entourant la qualité de l’air dans les classes. « C’est un échec », s’indigne-t-elle. La libérale réclame sa démission.

Le « boys’ club »

Selon elle, il n’est tout simplement plus l’homme de la situation. Mais le « boys’ club » du gouvernement de la CAQ le maintient tout de même en place, déplore la députée. Sans parler de la proximité entre François Legault et son ministre de l’Éducation.  

« C’est un ami de longue date du premier ministre. Et, en ce moment, on voit que le premier ministre a un conflit de loyauté entre son ami Jean-François Roberge, un caquiste de longue date, versus sa priorité, l’éducation. Et aujourd’hui, il choisit son ami au lieu de choisir le réseau de l’éducation », a-t-elle insisté.  

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Depuis l’élection du gouvernement de la CAQ, trois femmes ministres ont été écartées du cabinet de François Legault : MarieChantal Chassé, Sylvie D’Amours et Marie-Ève Proulx. 

La libérale va trop loin

Le ministre Roberge estime que sa vis-à-vis libérale va trop loin. « C’est une attaque personnelle inutile, basse », a-t-il déploré. S’en prendre à une personne en raison de son genre n’élève pas le débat.

« Comme tous les ministres de l’Éducation, quand je me lève le matin, que je sois un homme ou une femme, ce n’est pas ça qui compte. C’est que j’utilise chaque seconde pour soutenir le réseau, pour aider les élèves à réussir », a-t-il répliqué.

Est-il encore l’homme de la situation ? Jean-François Roberge rétorque que son bilan est « très intéressant », bien qu’imparfait, notamment en raison de la crise sanitaire. Il note des progrès dans la lutte contre la pénurie d’enseignants, la réussite des élèves et la gouvernance du réseau.