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Senneterre doit conserver son urgence à temps plein

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Photo d’archives

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À compter du 30 septembre, l’urgence de l’hôpital de Senneterre, en Abitibi-Témiscamingue, sera seulement ouverte entre 8 et 16 heures. Ainsi, en dehors des heures d’ouverture, la population devra faire environ une heure de route pour aller à l’urgence la plus proche.

Ce qui est consternant, dans cette histoire, c’est que le maire de la place, Jean-Maurice Matte, a appris la décision lors d’une sortie publique du ministre de la Santé, Christian Dubé, la semaine dernière.

La réalité des régions

En conférence de presse, jeudi, le ministre de la Santé a mentionné la situation à Senneterre. Il a expliqué que les gens allaient devoir aller «un peu plus loin» pour recevoir des soins.

Cependant, ce que le ministre exige de la population de Senneterre, c’est comme demander à quelqu’un de Montréal de se rendre à Saint-Sauveur pour un infarctus, ou à une femme de Trois-Rivières de se rendre d’urgence à Montréal pour accoucher. 

On voit ici que la réalité des régions est mal comprise.

De plus, l’urgence de l’hôpital de Senneterre ne dessert pas seulement la population locale. Elle sert également les gens de la municipalité de Barraute et de Lebel-sur-Quévillon (pour stabiliser les patients avant d’aller à Val-d’Or).

Un précédent au Nouveau-Brunswick

Au début de l’année 2020, le gouvernement du Nouveau-Brunswick a pris la décision de fermer six urgences de nuit. Peu de temps après l’annonce, les politiciens sont revenus sur leur décision.

C’est seulement quelques mois plus tard, grâce à la Loi sur l'accès à l'information, que l’opposition a reçu des données démontrant qu’un nombre important de vies avaient été sauvées dans les urgences qui étaient touchées par cette fermeture.

Comme le gouvernement du Québec, celui du Nouveau-Brunswick disait que la fréquentation des urgences durant la nuit était faible, mais les chiffres disaient le contraire. C’est près de 200 patients qui ont pu être réanimés sur une période de quelques années dans ces six urgences.

On peut présumer que c’est la même situation à l’urgence de Senneterre. Combien de vies seront à risque si une personne qui subit un malaise doit parcourir 60 kilomètres pour être soignée en pleine nuit?

Revoir sa décision

Comme l’a mentionné la Dre Katherine Charbonneau dans une lettre ouverte destinée au ministre de la Santé, les services de proximité doivent primer: «Lorsque le gouvernement a statué, il y a plus de 40 ans, que nous devions faire partie du réseau de garde intégré 24/7 en CLSC, c’était parce que la population que nous desservons nécessite un service d’urgence de proximité EN TOUT TEMPS. La situation n’a pas changé aujourd’hui.»

Le ministre Dubé et le CISSS de l’Abitibi-Témiscamingue n’ont pas le choix de revoir leur décision en ce qui concerne l’urgence de Senneterre. Chaque Québécois envoie environ 50% de ses impôts dans le réseau de la santé; en retour, le gouvernement a le devoir moral de bien les soigner à proximité.