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Tramway: pas de bar ouvert après les élections

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Jean-François Gosselin

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Le gouvernement du Québec a été clair dans son entente sur le tramway avec la Ville de Québec : les dépassements de coûts devront être assumés par cette dernière, une condition qui ne risque pas de changer au gré du résultat des élections municipales.

L’an dernier, le gouvernement avait en effet statué lors d’un Conseil des ministres que « tout excédent du coût estimé du projet par rapport aux contributions gouvernementales déjà annoncées devra être résorbé par la Ville de Québec ou faire l’objet d’une contribution additionnelle de la part de celle-ci ».

Les candidates et candidats à la mairie devraient garder cela à l’esprit lorsque vient le temps d’émettre des propositions en lien avec le réseau structurant. 

Ainsi cette semaine, Bruno Marchand, chef de Québec Forte et Fière, y allait de 10 aménagements visant à « redonner un élan au tramway ». Parmi ceux-ci, il propose notamment de supprimer la plateforme surélevée à certains endroits, de bonifier le cahier de charges pour diminuer la présence de fils aériens, et de ramener les remontées mécaniques entre la haute-ville et la basse-ville, exclues pour une question de coûts. 

M. Marchand a admis qu’il ne pouvait chiffrer ces modifications, mais pense que le gouvernement sera ouvert à discuter. Certes, l’idée d’apporter des améliorations au projet est louable, mais clairement, il n’y aura pas de bar ouvert dispensé par les gouvernements supérieurs.

Projet « Ville » 

Quant à Québec 21, son chef Jean-François Gosselin parle à travers son chapeau en laissant entendre, comme il l’a fait mardi, que jamais il n’aurait « présenté un projet [de métro léger] le 9 juin dernier en sachant que le gouvernement du Québec ne financerait pas notre projet ». 

La réalité, c’est que M. Gosselin interprète très largement la notion de « projet Ville ». Il n’a aucune idée à savoir si le gouvernement serait bel et bien au rendez-vous pour son projet, qui demeure très embryonnaire et dont les coûts, jugés irréalistes, sont contestés par de nombreux experts. 

Le chef de Québec 21 a fini par admettre ce qui constituait une évidence, soit qu’il lui serait nécessaire de négocier avec le gouvernement pour le financement de son projet. 

D’importantes et laborieuses négociations se sont déroulées entre la Ville et le gouvernement du Québec pour le financement du réseau de tramway. Une entente a fini par être signée au printemps, mais au prix de compromis importants, dont celui de sacrifier une partie du tracé qui devait desservir Charlesbourg et Limoilou pour passer dans d’Estimauville.

Ajoutons que ces négociations ont été précédées par de nombreuses analyses et études sur le projet. C’est loin d’être le cas du métro léger, projet qui a été présenté à la veille de la campagne électorale, et qui n’a évidemment fait l’objet d’aucune étude.