/news/currentevents
Navigation

Le fraudeur Lacroix encore dans le trouble

Il aurait tenu des propos menaçants à l’endroit de son voisin lors d’une altercation à la fin du mois d’août

Coup d'oeil sur cet article

Le fraudeur Vincent Lacroix derrière l’immense combine d’il y a 20 ans devra retourner trois mois en maison de transition après avoir tenu des propos menaçants à l’endroit d’un de ses voisins. 

« Le comportement [...] constitue un bris important à l’une de vos conditions usuelles de mise en liberté, soit celle de respecter la loi et ne pas troubler l’ordre public. La Commission estime justifiée la mise en place d’un encadrement plus significatif, le temps que soit évaluée la situation », peut-on lire dans la décision de la Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC), rendue le 20 septembre. 

Le 27 août, le fraudeur Vincent Lacroix, 54 ans, a été arrêté après une altercation verbale avec un voisin, durant laquelle il aurait proféré des menaces. Il semblerait qu’il ait lui-même perçu une menace à sa famille durant l’échange, explique le document. 

Directive spéciale 

Pour éviter d’envenimer le conflit, une directive spéciale a été émise le 30 août pour l’empêcher de retourner à son domicile. 

Son dossier se trouve encore entre les mains du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), mais aucune accusation n’a été déposée contre lui pour le moment. 

Malgré tout, la CLCC a jugé bon d’imposer un séjour de trois mois dans un établissement résidentiel communautaire, pour évaluer la situation. « Elle est d’avis qu’une telle mesure permettra de valider qu’il s’agit d’un événement isolé et non d’une désorganisation, d’actualiser des séances de suivi psychologique en lien avec la situation qui s’est produite et de laisser le processus judiciaire suivre son cours », indique-t-elle. 

Vincent Lacroix, à la tête de Norbourg, à sa sortie du palais à Montréal en juin 2008.
Photo d’archives, Ben Pelosse
Vincent Lacroix, à la tête de Norbourg, à sa sortie du palais à Montréal en juin 2008.

Cette « condition spéciale » sera imposée pour s’assurer de « protéger la société, incluant les victimes » et de « favoriser la réinsertion sociale ».

Depuis 2014, l’homme derrière la fraude de « l’affaire Norbourg » de près de 100 millions de dollars qui a fait 9200 victimes entre 2002 et 2005 est en libération conditionnelle totale. 

Dommages « inqualifiables »

« Les dommages moraux et financiers subis par les victimes sont inqualifiables », rappelle d’ailleurs la Commission, au passage. 

Ses agissements ont notamment forcé l’une de ses victimes, un homme alors âgé de 66 ans, à sortir de sa retraite pour retourner travailler pendant six ans, après qu’il lui eut dérobé environ 300 000 $. 

« J’avais tout perdu. C’est tout un choc dans une vie, surtout à mon âge. [...] Il m’a volé pleinement ma retraite. Je n’avais pas d’autre fonds de pension », avait confié Michel Vézina à TVA Nouvelles en 2019, après des années de déboires judiciaires pour récupérer son argent. 

Le septuagénaire n’a finalement récupéré que les deux tiers du montant.

En 2008, Lacroix a écopé d’une peine de près de 18 ans de prison. Il n’a aucun antécédent en matière de crimes violents.

– Avec Alain Laforest, TVA Nouvelles