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Les antivax font peur

GEN - MANIFESTATION DES ANTIMASQUES
Photo d'archives, Martin Alarie

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C’est bien pour cette raison, comme je l’écrivais hier, qu’il faut leur déclarer la guerre. 

Tout au long de notre histoire moderne, nos affrontements politiques n’ont pas mené à la mort. Sauf l’épisode terroriste du FLQ dont on a fait l’autopsie cette année, cinquante ans plus tard. 

L’opposition au vaccin dans le contexte de la pandémie actuelle, alors que la majorité des cas quotidiens qui se déclarent touchent principalement des personnes non vaccinées, nous plonge dans le découragement, voire l’anxiété.

Soulignons que l’extrémisme politique a eu peu de conséquences dans notre système social-démocrate depuis les années soixante. Il existe certes des sectes au Québec aux objectifs troubles, parfois. Mais ce mouvement radical contre la vaccination bouleverse toute notre société déjà perturbée et déstabilisée. En prenant en otages en quelque sorte des jeunes pour les endoctriner, en encombrant davantage nos services hospitaliers, cette mouvance actuelle sans morale peut être qualifiée de terroriste. 

Minorité bruyante

Ces gens ne représentent qu’une minorité, diront certains. Oui, mais leur message anti-scientifique anéantit notre effort collectif pour mettre fin au fléau. 

La majorité de ces croisés se réclament de leur liberté personnelle pour entraver l’effort surhumain des responsables de la santé publique et du gouvernement du Québec. 

Ils font peur à cause de leur ignorance crasse. Guy Nantel, notre humoriste-sociologue, a recueilli dans un vox pop leurs propos désolants. Certains sont des complotistes patentés. Un travailleur de la santé croit dur comme fer que le vaccin pourrait raccourcir l’espérance de vie. Une vieille dame à qui on donnerait le Bon Dieu sans confession est d’accord avec Trump : boire du désinfectant peut tuer le virus. 

Ce sont des crackpots finis, dirait-on. Peu importe. Ils représentent des dizaines de milliers de zélotes anti-COVID. On ne peut continuer de les tolérer sous prétexte qu’ils ont le droit de s’exprimer et de perturber l’ordre. Que représente alors le droit de ceux qui ont respecté les consignes de la Santé publique ? Qui ont sacrifié leur liberté personnelle en se confinant, en se masquant, en se coupant de leurs proches, en renonçant aux activités de leur vie antérieure et, bien sûr, en perdant de l’argent. 

Prétendues victimes

Ces hordes de gens, qui se disent même pacifistes en affichant leur haine, en insultant les politiciens avec leurs pancartes affichant F... Legault, en portant fièrement des croix gammées et en désacralisant nos drapeaux, ces admirateurs de gourous autoproclamés croient mener une sorte de guerre sainte. Ils se considèrent victimes de notre « système de merde », car, dans leurs têtes fêlées, tout se tient, tout est entremêlé. Nos gouvernements seraient corrompus, les médias empocheraient des enveloppes brunes et les chercheurs scientifiques seraient des imposteurs et des menteurs.  

D’ailleurs, certains non-vaccinés qui contractent la COVID-19 et se retrouvent à l’hôpital malmènent des soignants et les engueulant selon le témoignage de certains. Et cela dans nos propres hôpitaux. 

Il est impossible d’échanger avec ces gens déraisonnables. Enfermés dans leur monde de délire, ils se perçoivent dépositaires du dernier rempart contre nous tous, qui ne comprenons pas que la science dont nous dépendons est une imposture planétaire. Cette planète en pandémie qu’ils tentent de fuir à leur manière.