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Coupures d’internet en Birmanie: la junte accuse ses opposants

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BANGKOK | La junte birmane a démenti avoir suspendu l’accès à internet dans les régions ravagées par le conflit, imputant la récente série de coupures à ses opposants, qui ont détruit des antennes-relais contrôlées par l’armée. 

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Le pays d’Asie du Sud-Est est en proie au chaos depuis que l’armée a renversé le gouvernement civil d’Aung San Suu Kyi en février, déclenchant des manifestations monstres en faveur de la démocratie, qui ont été réprimées dans le sang.

AFP

Des opposants à la junte ont formé des «forces de défense populaires» dans leurs communes pour résister et ils ont détruit, ces dernières semaines, plusieurs antennes-relais appartenant à la société militaire Mytel, dans l’État Chin (ouest).

Des coupures d'internet ont ensuite été observées, en particulier dans les régions où les milices citoyennes et l’armée sont en conflit.

Samedi, le ministère des Affaires étrangères de la junte a nié toute responsabilité de l’État dans ces coupures.

«Les connexions internet ont été récemment interrompues à cause d’actes terroristes comme la destruction de tours de communication par des groupes terroristes», a déclaré le ministère dans un communiqué, exhortant «certaines missions étrangères à Yangon à vérifier minutieusement leurs informations avant de faire des déclarations».

La junte avait déjà suspendu internet aux premières heures du coup d’État du 1er février, alors que Mme Suu Kyi et d’autres personnalités politiques de premier plan de son parti (la Ligue nationale pour la démocratie) étaient arrêtées.

AFP

Les semaines suivantes, les données mobiles avaient été également coupées la nuit, dans tout le pays.

Dimanche, des opposants à la junte ont affirmé que les télécommunications dans les cantons de Pinlebu, de Kawlin et de Wuntho, dans la région de Sagaing (nord), où les affrontements avec les militaires ont été violents, avaient été coupées dans la nuit.

«Nous ne pouvons pas utiliser internet et le téléphone» depuis 2 h du matin, a déclaré l’un d’eux à l’AFP, après avoir quitté Kawlin, ajoutant que les forces de sécurité affluaient dans la zone.

«Les gens sont inquiets que la junte lance une grande opération», a-t-il dit, sous couvert d’anonymat.

Un autre membre des milices locales a déclaré qu’il ne pouvait plus joindre ses combattants à Pinlebu.

Les attaques de milices se sont intensifiées après l’appel lancé début septembre par le gouvernement d’unité nationale (NUG) — formé par des ex-députés en fuite du parti d'Aung San Suu Kyi — à cibler les actifs militaires.

Plus de 1100 civils ont été tués et 8000 autres arrêtés depuis le coup d’État, selon une ONG locale, l’Association d’assistance aux prisonniers politiques (AAPP), qui rapporte des cas de tortures, de viols et d’exécutions extrajudiciaires.

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