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Gatineau ne veut pas de Pumba

Gatineau ne veut pas de Pumba
Photo AGENCE QMI, Pierre-Jean Séguin

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La Ville de Gatineau n’entend pas à rire avec les micros cochons. 

Pascale Langlais, une résidente de l’endroit, est contrainte de se débarrasser de la bête qu’elle affectionne et qui vit sous son toit depuis huit ans parce que la règlementation municipale considère les micros cochons comme étant des animaux agricoles et non domestiques.

Un nouveau voisin de Mme Langlais installé depuis quelques mois aurait déposé deux plaintes à la Ville contre elle.

«Viens ici mon beau cochon»! C’est ainsi que la femme de 34 ans interpelle d’une voix douce son micro cochon affectueux qu’elle a baptisé Pumba, à l’image du coloré personnage du Roi Lion de Walt Disney.

Gatineau ne veut pas de Pumba
Photo AGENCE QMI, Pierre-Jean Séguin

Pumba ne dégage aucune odeur désagréable, il se rend lui-même à la litière et il vit presque exclusivement à l’intérieur de la résidence unifamiliale où il dort environ 18 heures par jour.

  • Écoutez l'entrevue avec Pascale Langlais, maman de Pumba le micro cochon au micro de Sophie Durocher sur QUB radio :

«C’est mon bébé, c’est mon pilier, c’est ma santé mentale qui en dépend», explique émotivement Mme Langlais, en précisant qu’elle est atteinte de la sclérose en plaques. Étant donné sa maladie, qui s’attaque à son cerveau et à sa moelle épinière, elle s’est résignée à ne pas avoir d’enfant pour donner toute son affection et son amour à ses quatre chiens, deux oiseaux et à Pumba.

En outre, l’animal, qui émet un doux grognement, n'a aucune agressivité et il possède l’intelligence d’un enfant de 5 ans, dit-elle.

Si la Ville de Gatineau tolère les cochons domestiques miniatures, elle n'hésitera à intervenir avec vigueur contre les propriétaires s'ils sont ciblés par une plainte.

Gatineau ne veut pas de Pumba
Photo AGENCE QMI, Pierre-Jean Séguin

Pétition

Devant la menace de se faire saisir son porc, Mme Langlais a décidé de déménager temporairement Pumba chez sa mère.

Entre-temps, elle lance une pétition qui a permis en l’espace de quelques jours seulement à recueillir plus de 8000 signatures sur le site internet CHANGE.ORG.

Elle souhaite que la ville considère le micro cochon au même titre qu’un chat ou un chien, comme l’ont fait plusieurs villes, dont Québec, Trois-Rivières, Saguenay, Drummondville et Beloeil.

«Les règlements des villes là-dessus ne sont pas à jour. On doit, ou bien changer la règlementation ou encore demander une dérogation à la Ville. Depuis 2010, on n’a pas perdu une cause», révèle Marie-Claude Bouchard de Saguenay, qui fait l'élevage de cochons miniatures domestiques.

Le conseiller sortant du district de Masson-Angers - où habite Mme Langlais -, Marc Carrière, estime qu’il est trop tard pour modifier le règlement avant le scrutin du 7 novembre.

Gatineau ne veut pas de Pumba
Photo AGENCE QMI, Pierre-Jean Séguin

«Ca sera au prochain conseil de le faire. On ne peut pas le faire à l’aveuglette», affirme le conseiller municipal.

Selon Mme Langlais, au moins une cinquantaine de résidents de Gatineau possèdent un micro cochon provenant du même éleveur et ces gens-là... se font du sang de cochon à l’idée de se faire confisquer leur animal.

La simple idée de devoir se départir de sa bête en permanence trouble Pascale Langlais.

«J’ai vraiment l’impression d’être comprise par mon cochon», nous confie-t-elle, se disant aussi fière des talents artistiques de son mammifère qui peut peindre avec son groin, et même jouer du piano.