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La Chine n’a aucune morale

Chinese Flag
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Les masques sont tombés.

Après avoir passé 1020 jours à répéter sur toutes les tribunes que l’arrestation, la détention, les procès de Michael Kovrig et Michael Spavor étaient légitimes.

Après avoir joué la carte de l’indignation face aux critiques du monde entier.

Après avoir brisé la vie de deux hommes.

La Chine a montré son vrai visage. Le visage d’une superpuissance qui n’a aucune morale, ne respecte aucune loi, est prête à tout pour faire régner ses intérêts.

Le Canada ferait bien de s’en souvenir.

L’échange

Dès l’annonce d’une entente entre la justice américaine et la dirigeante de Huawei menant à sa remise en liberté, la question s’est posée. Combien de temps faudrait-il pour négocier un prétexte bidon permettant à la Chine de sauver la face et enfin libérer les deux Michael ?

Quelle ne fut pas la surprise d’apprendre que le cauchemar des deux hommes s’est terminé au moment même où l’avion transportant Meng Wanzhou quittait l’espace aérien canadien ! 

Finalement on a eu droit à un bon vieil échange de prisonniers digne d’un roman d’espionnage de la Guerre froide. Un jour, peut-être, en connaîtrons-nous les détails.

Les derniers jours révèlent surtout l’arrogance d’une Chine qui se croit tellement tout permis qu’elle ne fait même plus semblant de vouloir respecter les lois internationales.

Quelles suites pour le Canada ?

Malgré la fin de ce tragique cauchemar, le casse-tête demeure entier. 

Le Canada n’a pas le choix. Il faudra bien trouver une façon de réengager la Chine. 

Au niveau économique, des milliers d’emplois, les exportations de blé, de canola, de porc et tant d’autres pèsent dans la balance. Son marché est trop grand pour être ignoré. 

À l’échelle géopolitique, une lutte crédible contre les changements climatiques est impensable sans le géant chinois. La même logique s’applique à la pandémie, et tant d’autres enjeux mondiaux. La Chine est incontournable. Elle le sait.

Mais comment traiter avec un pays qui ne connaît ni foi ni loi ?

Comment négocier avec un régime qui trahit la parole donnée ?

Le Canada devra aller au bout de ce qu’il a entrepris dans sa campagne pour faire libérer les deux Michael. L’alliance de 65 pays pour lutter contre la détention arbitraire comme arme diplomatique devra-t-elle se munir de mécanismes pour punir le prochain pays à prendre des otages pour faire avancer ses intérêts ?

Le Canada doit être mieux protégé pour avoir les moyens d’interagir avec cette indomptable superpuissance. Ça veut dire avoir les moyens d’identifier les efforts de Beijing pour influencer en douce nos politiques publiques. Se poser de sérieuses questions sur son ingérence potentielle dans nos élections.

Les 1021 derniers jours nous ont appris à quel point il est urgent de redéfinir l’ensemble de notre stratégie face à la Chine. 

C’est là un chantier délicat dont dépend notre sécurité nationale et économique.

C’est surtout la seule façon de donner un sens au calvaire qu’ont subi Michael Spavor et Michael Kovrig.