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Les «pissous virtuels» font mal

Les «pissous virtuels» font mal
Photo AFP

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Il y a de sérieuses questions à se poser, comme société, quand le gouvernement doit intervenir pour aider les élus municipaux, trop nombreux à déserter la politique parce qu’ils sont rompus par l’intimidation sur les réseaux sociaux.

Pour les élu(e)s, les réseaux sociaux peuvent représenter un bon moyen de rejoindre un grand nombre de citoyens lorsqu’ils doivent véhiculer un message ou transmettre de l’information. Utilisés à bon escient, ces outils apparus il y a moins de 20 ans s’avèrent aussi un formidable canal pour la liberté d’expression.  

Malheureusement, l’utilisation qu’en font certains trolls, devenus un cauchemar pour la classe politique chez nous et partout sur la planète, prend le dessus sur ces avantages. Et la pandémie n’a rien arrangé, bien au contraire. Les menaces et les insultes pleuvent et l’agressivité prend une ampleur inégalée. 

Histoires d’horreur 

Le reportage de notre Bureau d’enquête, publié aujourd’hui, retrace quelques-unes de ces histoires d’horreur que subissent plusieurs élus municipaux sur les réseaux sociaux. Il y est question aussi du plan d’action que p

résentera le gouvernement du Québec pour lutter contre cette violence. 

Les « pissous virtuels », comme les avait qualifiés le premier ministre François Legault ce printemps, sont en train de priver nos démocraties de personnes intelligentes et douées. Notre société aurait tout avantage à bénéficier de leurs bonnes idées et de leur savoir-faire.  

Mais voilà, de plus en plus de gens refusent, avec raison, de devoir composer avec ce fléau de l’intimidation sur internet. Des villes se retrouvent même sans candidatures à la mairie.  

Manque d’encadrement 

Ça va de soi, le canal que représentent les réseaux sociaux devrait être mieux encadré, en commençant par l’élimination des faux comptes.  

La responsabilité incombe aux propriétaires de ces médias sociaux d’agir pour éliminer le plus possible l’intimidation et les menaces sur leurs plateformes. Manifestement, ils ne prendront jamais la situation vraiment au sérieux s’ils n’y sont pas contraints par certaines dispositions législatives.