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L’horizon des événements: humour, amour et nuances

Biz
Photo Pierre-Paul Poulin

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Dans son huitième livre publié chez Leméac, L’horizon des événements, le Biz sociologue et fin observateur est à l’œuvre. On y retrouve les personnages de son roman La chaleur des mammifères, quelques années plus tard. 

Avec humour, amour et autodérision, l’auteur examine de près le milieu universitaire, à l’heure de la cancel culture, des snowflakes et des trigger warnings. Il fait le portrait de changements qui le préoccupent. 

Tout devient compliqué dans ce milieu et Biz, avec humour et lucidité, l’examine et le décortique, à une époque où les sensibilités de chacun ne tolèrent pas d’être froissées.

Dans L’horizon des événements, on rit franchement et on rit jaune aussi, en observant le portrait social cinglant présenté par Biz. « J’ai essayé, dans cette histoire, de mettre de l’humour, de l’amour et de la nuance, trois choses qui manquent énormément à notre époque », commente Biz, en entrevue.

Il explique être très préoccupé par les enjeux de censure et de liberté d’expres-sion dans les universités. 

« J’ai été moi-même longtemps à l’université et j’ai des amis profs qui me disent qu’il y a des livres qu’ils enlèvent du programme, qu’ils marchent sur des œufs, qu’ils ne savent plus comment dire les choses et qu’ils ne savent jamais quand est-ce que la police va leur tomber dessus. Et ça, je trouve ça très troublant, très préoccupant. »

<strong>L’horizon des événements</strong><br><strong><em>Biz</em></strong><br>Éditions Leméac<br>Environ 200 pages<br>En librairie le 29 septembre
Photo courtoisie, Éditions Leméac
L’horizon des événements
Biz
Éditions Leméac
Environ 200 pages
En librairie le 29 septembre

À 48 ans, il fait un constat générationnel. « Je suis un peu interloqué, pour le moins, par des propositions de la jeunesse. Moi, je me souviens, quand on avait 25 ans et qu’on criait “Libérez-nous des libéraux”, il y avait de vieux libéraux qui étaient en porte-à-faux avec notre pensée. Forcément. C’est dans l’ordre des choses. »

« Je trouvais ça intéressant de réfléchir à ça, d’autant que dans la littérature québécoise, je ne vois pas d’équivalent. Je ne vois personne qui a travaillé là-dessus. Houellebecq le fait, en France. » Il a donc décidé de donner un bon coup de pied dans la fourmilière, sourire en coin, avec de l’autodérision.

Achille en arrache

Dans son roman, Biz raconte donc le parcours d’Achille, un professeur d’université qui en arrache après son divorce et tente de promouvoir son nouveau livre, dans l’indifférence générale, au département des littératures. 

Heureusement, entre les réunions endormantes, la jalousie diffuse et les discussions enflammées dans les salles de classe, ses collègues, Stéphane Richard, McKay et Ti-Coq (le séducteur invétéré) sont là pour détendre l’atmosphère. L’écrivain français Louis--Ferdinand Céline est également au cœur du roman.

« J’ai beaucoup travaillé le style, dans cette histoire. C’est presque ça qui m’intéresse, d’une certaine manière, après avoir côtoyé Céline, qui nous a tellement dit que des histoires, il y en avait plein les gazettes, et que c’était pas ça qui comptait dans un roman, pour lui en tout cas. C’était la façon de le raconter. »

Biz ajoute qu’il a aussi usé d’auto-dérision. « Je suis un bonhomme blanc. Je suis un écrivain. J’ai travaillé à Radio--Canada. Je travaille à TVA aussi. Ces milieux, je les connais. Je les aime. Et c’est pour ça que je les taquine un peu aussi. »


  • Biz est membre du groupe rap Loco Locass.
  • Son travail d’auteur a été récompensé par le Prix du livre jeunesse des bibliothèques de Montréal et le Prix jeunesse des libraires du Québec en 2012 (La chute de Sparte) ainsi que par le prix France-Québec en 2015 (Mort-terrain).
  • L’horizon des événements est son huitième livre publié chez Leméac.