/opinion/columnists
Navigation

Pénurie d’humains

cricature beaudry

Coup d'oeil sur cet article

Match annulé. Pourquoi ? Pas d’arbitre. Et on va assurément l’entendre souvent celle-là au cours des prochains mois, des prochaines années.

Voilà longtemps qu’on les écœure, qu’on les maltraite, qu’on les bafoue. Les officiels du hockey mineur et du hockey adulte ont maintenant le gros bout du bâton.  

L’ensemble du hockey va peut-être payer pour le mauvais traitement qu’on leur a infligé au fil du temps. La pandémie a été la goutte qui a fait déborder le sifflet.  

Parce qu’après avoir été tenus hors des surfaces de jeu pendant la période d’abstention, plusieurs ont décidé de ne pas revenir.  

En plus, ce sont les plus expérimentés, les plus capables qui ont fini par déclarer forfait. Cet arrêt de travail est donc devenu pour certains une réflexion pas très positive sur ces soirées à se faire critiquer, engueuler et vilipender par des parents, des instructeurs, des joueurs et des organisateurs.  

Évidemment, les gouvernements viennent maintenant mettre leur nez dans les affaires de ces presque bénévoles qui ne gagnent pas 2000 $ par année pour un travail qui exige une bonne forme physique et une volonté de contribuer à l’essor du hockey, quelle que soit l’ambiance.  

Dorénavant, le fisc considère les arbitres comme des travailleurs autonomes et il leur faut déclarer ce tout petit revenu. Pour de nombreux arbitres, juges de ligne et officiels, le jeu n’en vaut plus la chandelle. Ils ne reviendront plus.  

Jamais on n’aurait cru voir ça un jour. Dans certaines régions, comme l’Abitibi et l’Estrie, déjà des matches sont annulés parce qu’il n’y a pas d’arbitre. Cet article se veut un cri d’alarme.

PAS SI SIMPLE

Arbitrer un match est pas mal plus compliqué et exigeant qu’on peut le croire. D’abord, il faut patiner et vous ne débarquez jamais. Il faut maîtriser une connaissance approfondie d’un livre de règlements volumineux, explicite.  

Et ces règles, il faut savoir les appliquer dans le feu de l’action. Une seule petite erreur et les gradins peuvent vous tomber sur la tête. Observez que le décorum chez les officiels est remarquable. Ils sont continuellement bien vêtus, ils sont disciplinés et méthodiques. Il est toujours impressionnant de voir des jeunes, des ados devenir arbitres. Ils sont presque militaires et ils donnent le meilleur d’eux-mêmes.

CHEZ LES PLUS VIEUX

Dans les ligues pour adultes, l’arbitre se promène d’un aréna à l’autre. La plupart du temps, il va arbitrer le match tout seul jugeant les arrêts de jeu, les punitions, la validité des buts marqués. Il se fera argumenter, contester.  

Après le match, il retournera encore seul à son vestiaire et rentrera à la maison avec une cinquantaine ou une soixantaine de dollars que les gouvernements veulent éplucher.  

Personnellement, je n’ai de leçon à donner à personne concernant l’attitude à avoir avec un arbitre. J’ai eu mon lot de débats, d’engueulades, d’enguirlandements... je m’en confesse et je le regrette.  

Et je n’oublierai jamais cette phrase qu’un vétéran au chandail rayé m’a lancée après que je lui eus reproché d’avoir commis une erreur de jugement.  

Dans un match de ligue de garage, alors que je prenais place pour la mise au jeu, il m’a regardé dans les yeux et il a dit : « J’ai peut-être fait une erreur, mais je te regarde jouer depuis le début du match, et t’en fais pas mal plus que moi. » Et il a laissé tomber la rondelle au jeu. J’ai perdu le face-off et j’ai fermé ma gueule pour longtemps.  

Ça doit faire trente ans que c’est gravé entre mes deux oreilles.

De l'enclave  

  • Philippe Maillet de Lachenaie et autrefois porte-couleurs des Tigres de Victoriaville est présentement le deuxième marqueur de la KHL. Six buts, huit aides, 14 points en 9 matches. Le centre de 28 ans n’a jamais été repêché dans la NHL.
  • Jaromir Jagr est en feu et domine l’équipe de Kladno (Ligue de la République tchèque) dont il est propriétaire d’ailleurs. Faisant équipe avec Tomas Plekanec, l’imbrûlable Jagr, 49 ans, a inscrit 8 points en 6 matches. Plekky, lui, en a 7 en 7. Les deux vivent un rêve qu’ils auraient aimé réaliser ensemble à Montréal.
  • Tous les joueurs des Rangers de New York arboreront le numéro 7 sur leur chandail en mémoire de Rodrigue Gilbert décédé récemment.
  • Amants de la nature, il faut aller voir le site de l’artiste peintre et photographe Jean-Simon Bégin sur Internet. Magnifique.
  • À 44 ans, Zdeno Chara joue encore 18 minutes par match. Le char d’assaut est revenu à Long Island. 
  • Quelles sont les deux villes les plus éloignées dans la NHL ? Vancouver et Miami... 4500 kilomètres, 8 heures d’avion. Les deux plus rapprochées ? Manhattan et Long Island : Six kilomètres... pas d’avion.
  • En travaillant avec Vladislav Tretiak, il y a une trentaine d’années, Gilles Lefebvre a appris le russe. Voilà maintenant 7 ans qu’il étudie le chinois. Pour le fun... », m’a dit celui qui a notamment été instructeur des gardiens avec les Islanders de New York et maintenant âgé de 77 ans.
  • Stéphane Talbot est toujours directeur d’un terrain de golf au Maroc et, de temps en temps, avec sa fille et son fils, il chausse les patins dans un nouvel aréna de Marrakech.