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Transmettre le savoir et les valeurs

Francine Ruel
Photo Pierre-Paul Poulin

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Après avoir connu un gros succès avec son best-seller Anna et l’enfant-vieillard, vendu à 58 000 exemplaires, Francine Ruel propose, cet automne, un roman post-pandémie traitant d’un sujet qui lui tient vraiment à cœur : la transmission du savoir. Dans Le promeneur de chèvres, elle raconte l’histoire émouvante d’un grand-père qui recueille son petit-fils, un jeune homme dans la vingtaine qui a tout perdu pendant la pandémie.

Après avoir vu son petit-fils dans un campement montréalais au journal télévisé, Henri a décidé d’aller le chercher et de le ramener chez lui dans les Cantons-de-l’Est. Gilles, en désespoir de cause, s’est retrouvé à la rue après avoir perdu son travail, son logement et ses repères.

Le jeune citadin habitué aux voyages est d’abord réticent à partager sa vie avec son grand-père, un homme franc et direct, grand lecteur, philosophe à ses heures. Henri l’incite à promener ses chèvres et Gilles découvre que les plus grands voyages sont ceux qui nous mènent au bout de nous-mêmes.

Francine Ruel avait depuis longtemps envie d’écrire une histoire sur la transmission du savoir. Elle propose une belle histoire de cœur, pleine de compassion et de tendresse, dans ce nouveau roman réconfortant.

L’inspiration lui est venue en découvrant que son agent littéraire, Patrick Leimgruber, de la Chèvrerie du chemin Alderbrooke, à Sutton, proposait aux gens des promenades en compagnie de ses chèvres. Elle trouvait cela fascinant, mais il lui fallait plus de matière et tout un contexte, pour écrire un roman. 

Une chose précieuse

« Ça fait des années que j’avais envie de parler de la passation des savoirs. Je trouvais que c’était ce qui était présent pendant la pandémie. Je pense souvent au fait qu’il y a des métiers extraordinaires qui vont disparaître parce que personne n’en parle, personne ne veut savoir comment ça marche et personne n’apprend. »

« Il y a un livre qui est très important dans ma vie, qui m’a inspiré cela : Le soleil des Scorta, de Laurent Gaudé. Il y a un passage où j’ai éclaté en sanglots. Un personnage demandait aux membres de sa famille de montrer aux membres de leur famille quelque chose qu’ils connaissaient, comme la passation des savoirs. La chose la plus précieuse au monde. »

C’est ce qu’elle a fait. 

« J’ai intégré l’histoire d’un vieux monsieur qui connaît des tas d’affaires, sur la vie, sur les chèvres, entre autres, qui reconnaît son petit-fils au journal télévisé. Il réalise sur place qu’il a tout perdu, parce que c’était un guide de voyages. Il n’a plus d’appartement et s’est retrouvé seul dans la vie, comme pas mal de monde dernièrement, malheureusement, à cause de la pandémie. »

Henri amène Gilles dans sa petite ferme, dans les Cantons-de-Est. « C’est un garçon de la ville, un garçon qui est prêt à sauter dans un avion sans arrêt. Mais là, il est pogné sur place, avec son grand-père, qu’il connaît un peu. J’avais envie de mettre ces deux personnages ensemble. »

Elle s’est donc documentée sur la vie à la ferme, s’est intéressée aux poules, aux chèvres. « Ça me plaisait, cet univers ! Je trouve qu’il y a un retour à la terre qui est très important qui est en train de se faire. »

La maladie de Lyme

Par ailleurs, Francine Ruel se remet d’une période difficile, après avoir contracté la maladie de Lyme cet été. Une tique l’a mordue alors qu’elle jardinait sur son propre terrain et l’infection s’est propagée. Elle a accepté d’en parler publiquement. 

« Je suis fatiguée à cause de cette maladie, surtout à cause des antibiotiques intraveineux que je prends. C’est une maladie qui est longue, qui est insidieuse et il faut la prendre de front. Ma région, celle de Knowlton, est rendue l’épicentre dans les Cantons-de-l’Est. Il faut le dire, en parler. » 

  • Francine Ruel se consacre depuis plus de 50 ans à l’écriture, au jeu et à l’enseignement. 
  • Figure connue du petit et du grand écran, elle a interprété divers rôles dans des films et des séries télé, dont Scoop, qui lui a valu, en 1993, un prix Gémeaux pour la meilleure interprétation dans un rôle de soutien. 
  • Elle a écrit pour la télévision, pour le théâtre, pour le cinéma et pour la chanson. 
  • Elle a signé plusieurs romans, dont sa fameuse saga du bonheur, qui s’est vendue à près de 150 000 exemplaires. 
  • Son best-seller Anna et l’enfant-vieillard s’est vendu à 58 000 exemplaires. 
  • Elle participera à plusieurs salons du livre au cours des prochaines semaines, au Québec et au Nouveau-Brunswick.   

EXTRAIT 

<b>Le promeneur de chèvres</b><br />
Francine Ruel<br/>
Éditions Libre Expression<br/>
280 pages<br/>
En librairie le 6 octobre
Photo courtoisie
Le promeneur de chèvres
Francine Ruel
Éditions Libre Expression
280 pages
En librairie le 6 octobre

« La chambre qu’avait allouée Henri à son petit-fils était de bonnes dimensions. Le grand lit était couvert de courtepointes toutes plus lourdes les unes que les autres et semblables à celles qui se trouvaient sur la couche d’Henri. Gilles se rappelait ces édredons très pesants qu’il avait connus dans l’enfance lorsqu’il allait, avec son père et sa mère, visiter ses grands-parents à Arette, au Pays basque. Des couvertures qui, par leur poids, vous enfonçaient dans le matelas et dans le sommeil, vous enlevant toute vitalité et toute velléité de vous extirper du lit, sinon au prix d’énormes efforts. »