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Pourquoi le gouvernement hésite-t-il?

Vaccination
Photo d'archives, Pierre-Paul Poulin

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Ce n’est pas la première fois que je l’écris, mais je persiste et signe, les enseignants et éducatrices à la petite enfance devraient eux aussi se voir imposer la vaccination obligatoire. Tout comme les infirmières et préposés aux bénéficiaires, je suis très consciente qu’il y a une pénurie de personnel, mais si les non-vaccinés contribuent à alimenter davantage la pandémie, la pénurie ne fera que s’aggraver.

Nous avons tous été choqués cette semaine d’apprendre qu’une enseignante antivaccin n’aurait pas respecté les mesures sanitaires et aurait contaminé des dizaines de jeunes dans une école primaire de Montréal en plus de provoquer la fermeture de l’établissement.

C’est loin d’être rassurant pour nos jeunes, les parents et tous les collègues enseignants. Nos tout-petits sont peut-être moins à risque que nos aînés dans les CHSLD d’être hospitalisés en raison de la COVID-19, mais ils n’ont pas la chance d’être vaccinés et n’ont donc aucune protection.

DES CONSÉQUENCES POUR TOUS

Oui, je sais, le ministre Jean-François Roberge a mentionné que la prof à l’origine de l’éclosion s’exposait à des conséquences. Mais pourquoi agir lorsque le mal est fait plutôt que de prévenir en amont ? C’est bien beau, les conséquences pour cette enseignante antivaccin, mais on dit quoi aux familles qui se retrouvent avec leurs enfants malades, inquiètes pour leur propre santé et forcées de rester à la maison même si elles sont vaccinées ? Elles doivent subir des conséquences malgré elles.

La rentrée scolaire a eu lieu il y a à peine un mois et déjà plus d’une école sur trois a déjà rapporté au moins un cas de COVID-19 au Québec. Même si la situation semble sous contrôle, l’équilibre demeure fragile. Pourquoi prendre des risques de laisser des enseignants et éducatrices non vaccinés ? Il est prouvé que la vaccination réduit le risque de transmission.

UN DEVOIR DE PROTÉGER NOS JEUNES

Le gouvernement a un devoir de protéger nos jeunes. N’oublions pas qu’au Québec, l’école est obligatoire dès l’âge de 6 ans. À moins de recevoir une autorisation spéciale, les parents sont donc obligés d’envoyer leurs enfants à l’école primaire, que l’enseignant soit vacciné ou pas. Ce serait la moindre des choses que le gouvernement puisse les rassurer en exigeant une preuve vaccinale.

Bien sûr, même vacciné, le risque n’est pas nul, mais au moins, personne ne pourrait reprocher au gouvernement et à l’enseignant(e) de ne pas avoir fait tout en leur pouvoir pour éviter que ça arrive.

L’Association québécoise des centres de la petite enfance s’est déjà prononcée en faveur de la vaccination obligatoire des éducatrices tout en autorisant un protocole de tests de dépistage rapide au moins trois fois par semaine pour les employés plus résistants. Ce ne serait pas parfait, mais ce serait un moindre mal.

Les syndicats du réseau de l’éducation, eux, sont réticents, mais je serais très surprise qu’il y ait un vent de protestation chez les enseignants du primaire, surtout après la malheureuse éclosion de cette semaine à Montréal. Tout ce qu’il manque, c’est un peu de courage politique.