/entertainment/stage
Navigation

Tout un duo

Anne-Marie Cadieux et Théodore Pellerin brillent

Embrasse
Photo courtoisie, Yves Renaud Anne-Marie Cadieux, Anglesh Major et Théodore Pellerin dans une scène de la pièce Embrasse, présentée au Théâtre du Nouveau Monde jusqu’au 24 octobre.

Coup d'oeil sur cet article

Le dramaturge Michel Marc Bouchard avait vu juste. Offrir les deux rôles principaux à Anne-Marie Cadieux et à Théodore Pellerin pour Embrasse s’est avéré un coup de génie au TNM.

La comédienne est au sommet de son art sous les traits d’une mère qui fait face à la justice pour avoir violemment giflé une voisine, jouée par Alice Pascual. Anne-Marie Cadieux maîtrise à la perfection tout le registre de ce personnage qui se montre à la fois pugnace, fragile, mesquine et aimante. 

En face d’elle, Théodore Pellerin se glisse dans la peau de son fils, Hugo, comme si c’était la sienne. L’acteur de 24 ans porte sur ses épaules le destin d’un jeune désemparé par les accusations portées contre celle qui l’a mise au monde. Aussi étrange que sensible, Hugo veut devenir couturier. Il se lance corps et âme dans la création d’un habit pour sa mère qui serait si beau qu’il la rendrait parfaite, de quoi faciliter son acquittement.

Ce lien trouble qui unit la mère et son fils constitue le fil conducteur de cette création. Et fidèle à ses habitudes, Michel Marc Bouchard laisse le récit se dénouer de fil en fil, sans qu’on puisse deviner toutes ses coutures. 

Yves Saint-Laurent

La présence d’Yves Saint-Laurent, l’idole du jeune, fait partie des éléments qui rendent cette œuvre singulière. Yves Jacques incarne à merveille le grand couturier français, mort en 2008, qui fait office d’ange gardien. Son existence suscite des réflexions intéressantes sur l’importance de la création, de la beauté et des dynamiques mère-fils. Elle permet aussi d’ouvrir une histoire parallèle, sans trop dévier de l’intrigue principale. 

Toute cette équipe est dirigée avec précision par la metteuse en scène Eda Holmes, qui réussit sans contredit sa première audition aux commandes d’une production au TNM.

La scénographie épurée épouse le propos de Michel Marc Bouchard qui marie avec brio le drame à l’humour. Son texte rythmé est parsemé de moments drôles qui contrastent avec les tensions qu’il a su installer. Et comme toujours, son sens de la formule demeure inégalé. Les répliques sont truffées de perles.