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Une maison patrimoniale est laissée à l’abandon à Montebello

Le proprio de l’immeuble ne veut pas y mettre un sou

Géral Geoffrion
Photo Pierre-Paul Poulin Le président de la Société historique Louis-Joseph-Papineau, Géral Geoffrion, demande que la Ville de Montebello intervienne pour sauver la maison du jardinier de Louis-Joseph-Papineau.

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Des citoyens de Montebello alarmés par l’état de décrépitude d’une maison citée patrimoniale tentent de lui trouver une vocation pour la sauver.

« Le bâtiment est en train de tomber en ruine, signale le président de la Société historique Louis-Joseph-Papineau, Géral Geoffrion. Aucune action n’est prise par le propriétaire et c’est silence radio du côté de la Ville. »

La maison du jardinier de Louis-Joseph-Papineau occupe une place de choix dans la municipalité, campée sur le terrain du Château Montebello.

Construite en 1855, elle se trouve à l’entrée de l’allée seigneuriale menant les visiteurs au manoir du chef des patriotes, Louis-Joseph Papineau, qui, lui, est un lieu historique national protégé par Parcs Canada.

La maison est citée « patrimoniale » par la Ville depuis 2014. Malgré tout, « elle s’ajoute à la longue liste du patrimoine qui est malmené au Québec », déplore le résident Robert Delorme.

Depuis 2019, l’immeuble appartient au propriétaire du Château Montebello, le géant de l’immobilier chinois Evergrande.

Pas d’argent pour ça

Or, il serait impossible de lui demander d’injecter un demi-million – le coût estimé des travaux – pour la réfection de la maison, selon la présidente générale du Château Montebello, Geneviève Dumas.

« Le but serait de lui trouver une vocation », fait-elle valoir, qu’elle soit touristique ou communautaire.

Parce que « ça prend un projet autre que d’utiliser l’argent des payeurs de taxes pour sauver le patrimoine, au moins pour couvrir les coûts d’entretien de la maison », ajoute la titulaire de la Chaire de recherche du Canada en patrimoine urbain de l’UQAM, Lucie K. Morisset.

La Loi sur le patrimoine culturel, révisée en avril dernier, oblige les propriétaires de bâtiments patrimoniaux à les entretenir pour éviter leur dégradation. Ce sont toutefois les municipalités qui doivent faire appliquer ce règlement.

Un gros payeur de taxes

Mais la Ville ne s’en cache pas, « le Château Montebello est le plus grand payeur de taxes » de la municipalité, selon le maire, Martin Deschênes. Et « si on commence à envoyer des mises en demeure au propriétaire pour qu’il rénove la maison, on part en guerre avec le meilleur citoyen corporatif et on va devoir encore plus taxer les citoyens », plaide-t-il.  

Il n’est pas non plus « inhabituel » qu’une ville contrevienne à une loi en lien avec les biens patrimoniaux pour des raisons financières, soutient Danielle Pilette, professeure au Département de stratégie, responsabilité sociale et environnementale à l’UQAM.

La multinationale chinoise, endettée à hauteur de 385 G$, est en très grande difficulté financière.

C’est quoi, un bien patrimonial ? 

La citation d’un bien patrimonial permet d’assurer la sauvegarde et la mise en valeur d’un immeuble ou d’un site.

Ces pouvoirs permettent notamment à une municipalité d’imposer des conditions pour la réalisation de travaux.

Le gouvernement du Québec n’a aucun droit de regard sur les décisions des municipalités dans ce domaine.

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