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Trouble du langage: pas de services pour une enfant de maternelle 4 ans

La mère de la fillette, qui a un trouble du langage, a dû se tourner vers le privé

Quebec
Photo Stevens Leblanc Anaïs Bouchard Poulin avec ses parents, Judith Bouchard et Francois Poulin.

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La petite Anaïs Bouchard Poulin, chez qui on a dépisté un trouble du langage en maternelle 4 ans, n’a eu droit à aucun service de son école ni du réseau de la santé. La mère a dû se tourner vers le privé pour obtenir de l’aide pour sa fille.

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Engagement phare du gouvernement Legault, un réseau universel de prématernelle visait à détecter précocement les difficultés d’apprentissage chez les enfants et offrir plus rapidement des services.

Mais les bottines ne suivent pas toujours les babines. L’an dernier, une orthophoniste identifie « des difficultés de langage » chez la fillette qui fréquente alors une classe de maternelle 4 ans de l’école Dominique-Savio, à Québec.

La maman est redirigée vers la ligne Info-Santé 811, qui la redirige à son tour au CLSC et à un centre hospitalier.

« Le CLSC nous disait que parce qu’elle est à l’école, on ne peut pas lui offrir de service. Si elle avait été en CPE, ils auraient pu lui offrir le service, mais là, ils ne pouvaient pas. Le centre hospitalier universitaire nous avait dit qu’ils prenaient juste les cas lourds, comme le bégaiement », se remémore la mère, Judith Bouchard.

Anxiogène

L’enseignant de sa petite lui explique que l’école manque de ressources et priorise les enfants ayant de graves difficultés, et ce, à partir de 5 ans.

« Ils font un diagnostic, mais tu te ramasses devant rien, ça ne sert absolument à rien en plus d’être anxiogène », déplore Mme Bouchard.

Cette situation est d’autant plus « fâchante » que la jeune Anaïs fréquentait un CPE avant que sa mère ne décide de l’inscrire à la prématernelle pour faciliter la conciliation travail-famille, le grand frère étant déjà à cette école.

La petite famille ne regrette pas pour autant d’avoir choisi la maternelle 4 ans. « Elle a aimé ça », dit Judith Bouchard.

Elle a toutefois dû se tourner vers le privé pour éviter que sa fille ne traîne ce trouble de langage « léger à modéré », qui risquait de compliquer l’apprentissage de la lecture et de l’écriture. Jusqu’ici, elle a dû allonger un peu plus de 700 $.

Pas un cas isolé

La direction de l’école Dominique-Savio n’a pas rendu nos appels. Au Centre de services scolaire de la Capitale, on reconnaît que « ce genre de situation est parfois arrivé dans le passé ».

La porte-parole Marie-Claude Lavoie précise que la « trajectoire habituelle » des enfants de 4 ans avec un retard de langage est une prise en charge par le réseau de la santé.

« Notre collaboration avec les partenaires du réseau de la santé permet de plus en plus d’améliorer les trajectoires de services des deux réseaux pour que chaque enfant du préscolaire reçoive le bon service au bon moment ».

Pour la députée solidaire Christine Labrie, cette histoire démontre que François Legault a erré en accélérant le développement de la maternelle 4 ans.

« C’est clair que la CAQ échoue en ce moment à offrir des services pour les élèves d’âge préscolaire, et en général pour l’ensemble des élèves », déplore-t-elle.  

Une promesse électorale  

François Legault avait mis son siège en jeu en campagne électorale et promis d’offrir la maternelle à tous les enfants de 4 ans afin de détecter plus précocement les difficultés d’apprentissage chez les petits Québécois et leur offrir rapidement des services.

« Il y a des enfants qui ont des difficultés, qui ont besoin d’un enseignant, qui ont besoin d’un orthophoniste, qui ont besoin d’un psychologue, qui ont besoin de l’aide qu’on peut retrouver dans une école primaire. »

– François Legault, en février 2019  

« On leur avait dit, à François Legault et à Jean-François Roberge, que le réseau peinait déjà à offrir les services à tous les élèves qui fréquentaient l’école publique québécoise avant qu’il veuille accélérer le développement des maternelles 4 ans, et on s’inquiétait de ça. »

– Christine Labrie, Québec solidaire

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