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Pas de services pour une enfant de maternelle 4 ans: la famille sera remboursée pour les frais encourus au privé

Judith Bouchard et sa fille Anaïs
Photo Stevens LeBlanc Judith Bouchard et sa fille Anaïs

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«Choqué» d’apprendre qu’une enfant de maternelle 4 ans aux prises avec un trouble du langage n’a pas obtenu de services du réseau public, le ministre Jean-François Roberge prend les grands moyens. La famille sera remboursée pour les frais encourus au privé.  

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La petite Anaïs Bouchard Poulin, chez qui on a dépisté des «difficultés de langage» en prématernelle, n’a eu droit à aucun service de son école ou du réseau de la santé. Les parents ont dû débourser 700$ au privé pour obtenir de l’aide pour leur fille.   

Engagement phare du gouvernement Legault, un réseau universel de maternelle 4 ans visait pourtant à détecter précocement les difficultés d’apprentissage chez les enfants et à offrir plus rapidement des services.   

«Je suis de mauvaise humeur après ce que j’ai lu, a lancé mardi le ministre de l’Éducation, en entrevue. Le cas de la petite Anaïs, c’est un cas où il y a eu brisure de services, c’est inacceptable, ce n’est pas toléré et ça va être corrigé dès aujourd’hui. J’ai communiqué avec mon ministère, qui va communiquer avec le centre de services scolaire. Dans un tel cas, on va carrément rembourser les frais au privé pour la famille.»  

Le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge
Photo d'archives Agence QMI, Thierry Laforce
Le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge

Le ministre Roberge soutient que les directives sont pourtant claires, à savoir que le programme de maternelle 4 ans est un filet de sécurité pour les enfants et un lieu propice au dépistage précoce des troubles d’apprentissage. «Même si c’est un enfant sur un million, c’est un enfant de trop, pas question d’avoir un jeune qui n’a pas accès aux services!» renchérit-il.    

Un rappel sera d’ailleurs fait à l’ensemble du réseau. Selon Jean-François Roberge, avec les «dizaines de millions de dollars» investis pour embaucher plus de ressources professionnelles dans nos écoles, il n’y a pas de raison pour qu’on ne soit pas capable d’aider les jeunes du préscolaire.    

Le public paiera la facture 

Et à situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles. Les familles qui vivront une situation similaire à celle des Bouchard Poulin pourront aussi bénéficier du même traitement. «Si l’enseignante, avec les professionnels, avec la direction d’école considère qu’un jeune a besoin de services et que le réseau public n’est pas capable de les fournir, [le ministère de l’Éducation] assumera la facture du réseau privé», a-t-il précisé.   

À ceux qui montrent du doigt la pénurie de main-d’œuvre en éducation, le ministre réplique que le déploiement des classes de prématernelle tient compte des ressources des écoles. Ce sont les centres de services scolaires qui évaluent leur capacité d’accueil pour l’année suivante.    

«Ce n’est pas le gouvernement qui force la main au réseau, insiste-t-il. Chaque fois qu’on ouvre une classe de maternelle 4 ans, c’est parce que le centre de services scolaire juge qu’il a les [ressources] nécessaires pour prendre soin de ces élèves-là.»  

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