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Commission sur la liberté académique: les anglophones moins préoccupés par l’autocensure

Le député Alexandre Cloutier
Photo d'archives, Simon Clark Le député Alexandre Cloutier

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Près d’un professeur anglophone sur cinq estime qu’« il devrait être interdit d’utiliser certains mots » dans un contexte universitaire, une idée rejetée par une grande majorité de leurs confrères francophones.

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Un questionnaire soumis aux membres du corps professoral dans le cadre de la commission sur la liberté académique, menée par Alexandre Cloutier, révèle un fossé entre les « deux solitudes » au sujet de l’autocensure. Sur les 33 667 professeurs et chargés de cours sollicités, 1 079 se sont prononcés.  

  • Écoutez l'entrevue avec Danielle McCann, ministre de l’Enseignement supérieur avec Richard Martineau sur QUB radio :

Ainsi, 23,4% des répondants anglophones sont d’accord pour interdire l’utilisation de certains mots, contre seulement 4,3% des francophones.  

À l’opposé, 87,2% du corps professoral de langue française estime qu’ils « devraient être en mesure d’utiliser tous les mots qu’ils jugent utiles ». 60,2% de leurs confrères de langue anglaise sont du même avis.  

De la même façon, les répondants anglophones ont été plus nombreux (43%) que leurs collègues de langue française (33%) à s’interdire d’enseigner certains sujets au cours des cinq dernières années. Idem pour le fait de s’exprimer sur des sujets liés à leur enseignement (53% contre 46%).  

Seule note discordante, 61% des francophones ont évité d’utiliser certains mots, contre 57% de leurs collègues de langue anglaise.  

De façon générale, 60% des répondants ont dit s’être censurés en évitant certains mots au cours des cinq dernières années. 

Chez les étudiants aussi

Le même fossé linguistique est observé chez les étudiants dans le cadre d’un coup de sonde auprès de 992 membres de la communauté étudiante via la plateforme Léger Opinion.  

21,8% des étudiants de langue anglaise estiment que « certains contenus universitaires portant sur les réalités de groupes sous-représentés ou marginalisés devraient être traités uniquement par les membres du corps professoral issus de ces groupes ». Seulement 12,6% des francophones partagent cet avis. 

Au sujet de l’autocensure, 28,5 % des jeunes anglophones estiment qu’« il devrait être interdit aux membres de la communauté étudiante d’utiliser certains mots, même à des fins universitaires », contre 20% des étudiants francophones.  

Réaction de la ministre

Invitée à commenter, la ministre de l’Enseignement supérieur reconnaît que « le sondage nous révèle qu’il y a effectivement une différence entre les francophones et les anglophones sur le sujet ».  

« Ceci dit, il n’y aura pas deux modèles de protection de la liberté académique au Québec. La censure n’a pas sa place dans toutes nos universités, francophones et anglophones », affirme Danielle McCann dans une déclaration écrite.  

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