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Discuter avec un antivax? Une perte de temps...

A bottle with vaccine and syringe in front of blue background. Medicine, science and healthcare concept
Photo Adobe Stock

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Alors, vous voulez discuter avec un antivax complotiste pour le convaincre que les thèses qu’il défend sont fausses ?

Bof, si vous avez du temps à perdre...

UN DÉBAT IMPOSSIBLE

Avant de vous lancer dans cette aventure, lisez cet extrait de Risibles Amours, de l’écrivain tchèque Milan Kundera :

« Suppose que tu rencontres un fou qui affirme qu’il est un poisson et que nous sommes tous des poissons. Vas-tu te disputer avec lui ? Vas-tu te déshabiller devant lui pour lui montrer que tu n’as pas de nageoires ? Vas-tu lui dire en face ce que tu penses ? 

« Si tu ne lui disais que la vérité, ce que tu penses vraiment de lui, ça voudrait dire que tu consens à avoir une discussion sérieuse avec un fou et que tu es toi-même fou... »

Parlez à des gens qui ont un parent ou un ami complotiste, ils vont tous vous dire la même chose : le complotiste n’a qu’une idée en tête.

Convertir les gens qui ne pensent pas comme lui.

Les amener dans son trip

Tout ce qu’on peut lui dire va alimenter son délire. Chaque mot, chaque phrase.  

  • Écoutez l'entrevue de Richard Martineau avec Jack Jedwab, Président et directeur général de l’Association d’études canadiennes, sur QUB radio:

Regardez le gars qui est mort de la COVID-19 à 27 ans après avoir reçu sa première dose trop tard.

Ma blonde a reçu un message d’un lecteur concernant cette triste histoire : « Arrêtez de dire que c’est la COVID qui l’a tué, c’est pas la COVID, c’est le vaccin qu’il a reçu au mois d’août ! » 

Qu’est-ce que vous voulez répondre à ça ?

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

Il n’y a rien à répondre.

Quoi que tu dises, ton interlocuteur va prendre ton argument, le virer à l’envers et l’utiliser contre toi. 

Pile, il gagne, face, tu perds.

DE L’AUTRE CÔTÉ

C’est comme la jeune témoin de Jéhovah qui s’est laissée mourir au bout de son sang dans un hôpital de Québec.

Les infirmières avaient beau lui répéter – preuves à l’appui – que les transfusions sanguines ne représentaient aucun danger, elle ne voulait rien entendre. 

Elle était passée de l’autre côté.

Quand une personne est rendue là, ça ne sert à rien de lui balancer des arguments logiques.

C’est comme si tu lui parlais une langue étrangère. 

Ces gens ne réfléchissent pas. Ils ne raisonnent pas. 

Ils croient. 

Et comme disait le théologien danois Soren Kierkegaard, la foi exclut le doute. Pour croire, il faut accepter de « lâcher la preuve », c’est-à-dire de tourner le dos à la réalité, aux faits objectifs. 

Plus tu tentes de convaincre un « croyant » que ses croyances sont illogiques, et plus il s’accroche à sa foi. 

C’est un cercle vicieux. 

C’est plate à dire, mais tous les spécialistes des phénomènes sectaires vous le diront : on ne peut pas faire grand-chose pour sortir un adepte d’une secte. 

La personne sortira quand elle décidera de sortir. 

Plus tu essaies de la sortir du trou où elle croupit, plus tu risques d’être entraîné dans le trou avec elle. 

RIEN À GAGNER

On n’a rien à gagner à discuter avec les complotistes.

Comme disait Kundera : pour te faire comprendre d’eux, tu dois parler leur langage.

Et une fois que tu fais ça, tu es perdu.