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Joyce Echaquan: le gouvernement accusé d’avoir instrumentalisé la commémoration

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Le Conseil de la Nation Atikamekw (CNA) accuse le gouvernement Legault d’avoir instrumentalisé la journée de commémoration du décès de Joyce Echaquan.

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Dans un communiqué diffusé mercredi, le CNA reproche au ministre responsable des Affaires autochtones, Ian Lafrenière, d’avoir procédé à une annonce sans le consentement de la famille.

Le gouvernement Legault a fait savoir mardi qu'il a l’intention de rebaptiser la future réserve de biodiversité projetée du lac Némiscachingue du nom de Joyce Echaquan, afin de rendre hommage à cette femme atikamekw décédée atrocement au Centre hospitalier de Lanaudière, il y a un an. 

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Manque de collaboration

«Pourtant, la famille, consultée il y a quelque temps, avait clairement exprimé son besoin d’un délai de réflexion à ce sujet», répliquent le CNA et le Conseil des Atikamekw de Manawan (CDAM).

Ils écorchent également l’Ordre des infirmières et des infirmiers du Québec (OIIQ), qui a annoncé mardi soir la radiation de l’infirmière Paule Rocray, qui a insulté Joyce Echaquan dans les heures précédant sa mort.

«Le fait d’effectuer ces annonces sans se soucier de l’impact sur la famille le jour marquant l’anniversaire de la mort de Joyce est déplorable et démontre un manque flagrant de considération et de collaboration», tranchent le CNA et le CDAM.

Le ministre Ian Lafrenière a réagi peu de temps après en se disant «surpris» par la réaction de la communauté atikamekw.

«Il s'agissait pourtant d'une demande claire de la famille, appuyée par le Conseil, dans une lettre datée du 7 avril dernier, a-t-il affirmé au sujet du nouveau nom de la réserve projetée. On demandait au gouvernement de donner suite rapidement, intention que nous avons confirmée lundi.»

Legault a dépassé les bornes

François Legault a dépassé les bornes en menant une attaque partisane lors de la commémoration du décès de Joyce Echaquan au Salon bleu, estiment les partis d’opposition, mais le premier ministre rétorque qu’il s’est porté à la défense des Québécois.

Au lendemain d’une foire d’empoigne sur la reconnaissance du principe de Joyce lors de la période de questions, la cheffe libérale, Dominique Anglade, a réclamé des excuses formelles.

«Ce qu'on voulait entendre du premier ministre, c'est si, oui ou non, il était en faveur du principe et si ça devait être adopté. C'est ça qu'on voulait, une discussion qui était solennelle. Ce n'est pas ce qu'on a eu le droit de voir hier à l'Assemblée nationale», a-t-elle déploré.

Pressé mardi de reconnaître le principe de Joyce, qui vise à garantir à tous les Autochtones le droit d'accès équitable et sans discrimination aux soins de santé, François Legault a préféré s’attaquer au député libéral Gregory Kelley.

Dans une vidéo rendue publique plus tôt, mais datée de juin dernier, on entend ce dernier faire un lien entre la réforme de la loi 101 et le décès de Joyce Echaquan lors d’un discours dans un rassemblement de Black Lives Matter.

«Je ne pouvais pas, comme premier ministre du Québec, laisser insulter les Québécois», a affirmé François Legault, mercredi, en reprochant à ses adversaires de faire de la «petite politique».

«Moi, je pense que s’il y a quelqu’un qui a instrumentalisé l’anniversaire du décès de Mme Echaquan, c’est Gabriel Nadeau-Dubois [de Québec solidaire] et Dominique Anglade», a-t-il ajouté plus tard.

S’il se dit «d’accord» avec le principe de Joyce, le chef caquiste refuse de l’adopter puisqu’il ne reconnaît pas l’existence du racisme systémique.

«C'est une accusation très grave. J'aimerais rappeler à M. Legault que ce sont avant tout les Autochtones qui lui demandent de reconnaître le racisme systémique, pas Québec solidaire», lui a répliqué le chef parlementaire du parti, Gabriel Nadeau-Dubois, par voie de communiqué.