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Journée de la vérité et réconciliation: une première commémorée partout au pays

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La première Journée nationale de la vérité et de la réconciliation de l’histoire a été solennisée d’un bout à l’autre du pays jeudi. Vêtus d’orange, des Canadiens et des Québécois ont pris les rues pour démontrer leur soutien aux peuples autochtones, toujours marqués au fer rouge par le système de pensionnats. 

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En matinée, la gouverneure générale Mary Simon, première autochtone à occuper cette fonction, a relayé un message de la reine Élisabeth II, qui se joignait aux Canadiens «pour réfléchir à la douloureuse histoire des peuples autochtones qui ont souffert du régime des pensionnats au Canada, et pour penser au travail qu’il reste à accomplir vers le chemin de la guérison et de la construction d’une société inclusive»

La veille, le premier ministre Justin Trudeau avait livré un discours empreint d’émotions face à la Tour de la Paix du Parlement d’Ottawa, illuminée en orange pour l’occasion.

«La réconciliation, ce n’est pas juste de comprendre et reconnaitre les erreurs du passé, mais c’est aussi comprendre que ces erreurs nous façonnent encore aujourd’hui», avait-il lancé. M. Trudeau s’est dirigé jeudi à Tofino, en Colombie-Britannique, pour des vacances en famille.

À Montréal s’est tenue la plus grande marche du Québec pour la réconciliation. Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées à la Place du Canada, où des survivants de pensionnats ont pris la parole face à l’ancien monument à l’effigie de l'ancien premier ministre du Canada John A. Macdonald, architecte du programme de pensionnats autochtones.

D’autres marches et événements soulignant la journée ont eu lieu au Québec et ailleurs au Canada, notamment à Toronto, Ottawa, Saskatoon, Winnipeg et Victoria.

Guilbeault fustige Legault

Si François Legault estime qu’il est «bon» d’avoir une journée dédiée à la réconciliation afin de faire œuvre de mémoire, il a réitéré jeudi matin qu’il ne voudrait pas faire du 30 septembre un jour férié, de crainte que cela ne s'avère trop «coûteux» à la «productivité» du Québec.

Le ministre fédéral du Patrimoine, Steven Guilbeault, a été «sidéré» et «profondément déçu» par la position du chef caquiste, avant de tempérer ses propos en après-midi.

«L’idée ce n’est pas nécessairement que ce soit un jour férié, autant que ce soit un moment dans l’année où à travers le pays on s’intéresse au passé, aux traumatismes qu’ont vécus les autochtones», a-t-il dit en entrevue sur la colline Parlementaire.

La Journée de la vérité et de la réconciliation célébrée au Lac-Saint-Jean 

Molly Béland

La communauté innue de Mashteuiatsh, établie sur la rive ouest du lac Saint-Jean au Saguenay-Lac-Saint-Jean, a souligné la première Journée de la vérité et de la réconciliation, jeudi. 

Les membres de la communauté, et les autres citoyens non autochtones ont été invités à participer à des cérémonies et des activités.

«C'est une belle journée, mais une journée aussi de souvenirs. Ça fait 30 ans que je chemine dans le chemin rouge, le chemin spirituel, ce qui m'a permis de faire la guérison de moi-même», a soutenu Claude Boivin, un survivant des pensionnats autochtones qui les a fréquentés pendant 12 ans.

«Il faut apprendre à se connaître et permettre à la population de comprendre tout le phénomène qu'ont engendré, sur le plan social, les pensionnats», a ajouté le chef de la communauté de Mashteuiatsh, Gilbert Dominique.

Malgré les événements tragiques, l’accent a été mis sur la lumière et sur le positif pour aller de l'avant.

Ensemble, les autochtones et non-autochtones ont partagé un repas, de la musique et des danses traditionnelles.

D'autres gestes ont été réalisés comme la construction d'un mur de pierres en guise de nouvelle base. À la suite de quoi, le feu sacré a été allumé pour y déposer des pensées ou des souhaits en mémoire des victimes des pensionnats et de leur famille.

En ce 30 septembre, le chef de la communauté de Mashteuiatsh a profité de l’occasion pour demander au gouvernement canadien d’abolir la Loi sur les Indiens.

«C'est une loi que j'espère pouvoir chiffonner et jeter au bout de mes bras. C'est pour ça que comme Premières Nations, on est à bâtir une relation avec les gouvernements sur une base de traité qui va nous permettre de prendre en charge nos propres responsabilités», a affirmé Gilbert Dominique.

Il s'agirait d'un pas de plus pour guérir ceux qui ont besoin de l'être.

«Au Québec, je me souviens... Nous aussi on se souvient», a ajouté l'ex-pensionnaire Claude Boivin.

Cette première journée fériée historique aura permis de sensibiliser les citoyens aux blessures des Premières Nations.

L'an prochain, ce sera au tour de la communauté de Mashteuiatsh d'accueillir toutes les autres communautés pour la deuxième édition de cette Journée de la vérité et de la réconciliation.

La Journée nationale de la vérité et de la réconciliation soulignée sur la Côte-Nord   

Alexandre Cantin

La Journée nationale de la vérité et de la réconciliation a été soulignée jeudi sur la Côte-Nord par une série d’activités sur le site de l’ancien pensionnat de Mani-Utenam.

Pour Tupu Vollant, un innu qui a subit des sévices physiques d’un prêtre, la journée est une occasion de se tourner vers l’avenir tout en réfléchissant à un passé douloureux.

«C’est se souvenir de ça et après, on pourra marcher tranquillement sans regarder trop en arrière. Les innus vont à l’école, en ville aussi. Ils s’assoient encore en arrière, de peur de manger une claque derrière la tête. Ça existe encore.»

Le chef de Uashat mak Mani-Utenam, Mike McKenzie a fait un appel au respect.

«La réconciliation, ça prend du temps. Il y a aussi une question de reconnaître les torts qui ont été causés auprès des Premières Nations.»

Les enfants ont pris une place particulière lors des cérémonies. Pour plusieurs innus, la guérison passe par les générations futures.

Journée nationale de la vérité et de la réconciliation : Des cérémonies à Trois-Rivières  

Charel Traversy

Jeudi matin, des enfants du CPE Premier Pas et leurs éducatrices se sont rassemblés devant les portes de la basilique au sanctuaire Notre-Dame-du-Cap, à Trois-Rivières, en Mauricie, pour honorer la mémoire des victimes des pensionnats autochtones et pour souligner l'espoir d'une vie meilleure.

Des dizaines de petits souliers ont été déposés dans les escaliers de la basilique. Un geste symbolique pour ces enfants envoyés dans les pensionnats autochtones, pour ceux qui ne sont jamais revenus et pour ceux qui vivent avec les séquelles de ce déracinement.

C’est le cas de la mère de Christina Coon Boivin : «Quand on a su pour les enfants retrouvés... Ç’a été un choc. S’il n’y a pas de réconciliation, il n'y a pas de guérison», a-t-elle déclaré à TVA Nouvelles.

Il était important pour le CPE Premier Pas de souligner la première Journée nationale de la vérité et de la réconciliation. Le Centre de la petite enfance offre des services de garde à Trois-Rivières et La Tuque. En Haute-Mauricie, le CPE est situé sur le site de l'ancien pensionnat.

En après-midi, le Centre d'amitié autochtone à Trois-Rivières a rendu hommage aux survivants. Une minute de silence a été observée en mémoire des jeunes victimes.

Michel Biroté avait 5 ans à son arrivée au pensionnat autochtone de Pointe-Bleue. Il y a passé huit ans de sa vie et en conserve de mauvais souvenirs. Il affirme avoir subi des abus psychologiques.

«C'était pas mal dur. Je n’avais que 5 ans et je ne savais pas où on m'amenait. C’est grâce à ma femme si je m’en sors aujourd’hui», a-t-il confié.

Les Abénakis ont également souligné cette première Journée nationale de la vérité et de la réconciliation. Dans la communauté d'Odanak et de Wôlinak, plusieurs membres ont porté fièrement un chandail orange devenu un symbole pour honorer les survivants et pour ne pas oublier chacune des victimes.

Journée de la vérité et réconciliation: une première commémorée partout au pays     

Raphaël Pirro, Agence QMI

La première Journée nationale de la vérité et de la réconciliation de l’histoire a été solennisée d’un bout à l’autre du pays vendredi. Vêtus d’orange, des Canadiens et des Québécois ont pris les rues pour démontrer leur soutien aux peuples autochtones, toujours marqués au fer rouge par le système de pensionnats.

En matinée, la gouverneure générale Mary Simon, première autochtone à occuper cette fonction, a relayé un message de la reine Élisabeth II, qui se joignait aux Canadiens «pour réfléchir à la douloureuse histoire des peuples autochtones qui ont souffert du régime des pensionnats au Canada, et pour penser au travail qu’il reste à accomplir vers le chemin de la guérison et de la construction d’une société inclusive»

La veille, le premier ministre Justin Trudeau avait livré un discours empreint d’émotions face à la Tour de la Paix du Parlement d’Ottawa, illuminée en orange pour l’occasion.

«La réconciliation, ce n’est pas juste de comprendre et reconnaitre les erreurs du passé, mais c’est aussi comprendre que ces erreurs nous façonnent encore aujourd’hui», avait-il lancé. M. Trudeau s’est dirigé jeudi à Tofino, en Colombie-Britannique, pour des vacances en famille.

À Montréal s’est tenue la plus grande marche du Québec pour la réconciliation. Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées à la Place du Canada, où des survivants de pensionnats ont pris la parole face à l’ancien monument à l’effigie de l'ancien premier ministre du Canada John A. Macdonald, architecte du programme de pensionnats autochtones.

D’autres marches et événements soulignant la journée ont eu lieu au Québec et ailleurs au Canada, notamment à Toronto, Ottawa, Saskatoon, Winnipeg et Victoria.

Guilbeault fustige Legault

Si François Legault estime qu’il est «bon» d’avoir une journée dédiée à la réconciliation afin de faire œuvre de mémoire, il a réitéré jeudi matin qu’il ne voudrait pas faire du 30 septembre un jour férié, de crainte que cela ne s'avère trop «coûteux» à la «productivité» du Québec.

Le ministre fédéral du Patrimoine, Steven Guilbeault, a été «sidéré» et «profondément déçu» par la position du chef caquiste, avant de tempérer ses propos en après-midi.

«L’idée ce n’est pas nécessairement que ce soit un jour férié, autant que ce soit un moment dans l’année où à travers le pays on s’intéresse au passé, aux traumatismes qu’ont vécus les autochtones», a-t-il dit en entrevue sur la colline Parlementaire.

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