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Le Québec serait-il riche à ce point-là?

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Au Québec, la sur-rémunération des médecins est de très loin le plus gros secret de Polichinelle. C’est en majeure partie le résultat des très généreuses augmentations de revenus accordées au fil des ans sous le duo Barrette-Couillard. Eux-mêmes deux médecins.

Voilà cependant que le phénomène est documenté. Selon les chercheurs Anne Plourde et Philippe Hurteau de l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS), la « rémunération excédentaire » cette année par médecin spécialiste serait de 88 000 $. Et de 49 000 $ par médecin de famille.

Le tout, pour le coquet total en trop payé de 1,5 milliard $. En fonds publics. Le manque à gagner pour des services de qualité, selon leurs calculs, étant de 2,5 milliards $, ce 1,5 milliard $ couvrirait donc à lui seul 60 % de cette facture.

En temps de pénurie grave de personnel, l’IRIS estime que l’État se prive ainsi de l’équivalent de 20 000 infirmières ou de 36 000 préposés. Ce n’est pas un détail.

Le Québec serait-il donc « riche » au point de trop rémunérer ses médecins ? Réponse courte : bien sûr que non.

Doléance première

Selon l’IRIS, toutes proportions gardées, la croissance des salaires des autres travailleurs en santé est inférieure à celle des médecins. Ce choix, très politique, est hérité des années libérales.

L’impact est multiple. Les services sociaux en sortent siphonnés. Les autres professions, dont celle d’infirmière, sont sous-payées. Les conditions de travail des autres employés en santé en souffrent aussi.

N’est-ce pas là justement la doléance première des infirmières et d’autres professionnels ?

Le portrait global est que toute la première ligne du réseau – celle qui devrait en être la porte d’entrée pour tous – demeure faiblarde. La médecine préventive, essentielle pour une population en meilleure santé, écope tout autant.

Le ministre de la Santé, Christian Dubé, promet un projet de loi mammouth visant à réviser le réseau en profondeur d’ici l’élection d’octobre 2022. En profitera-t-il pour réviser aussi la rémunération des médecins de manière plus serrée ? À suivre.