/news/health
Navigation

SABSA à la rescousse du réseau

Nouveaux locaux inaugurés sur la rue de la Couronne

Amélie Bédard, directrice générale de SABSA, Isabelle Têtu, infirmière practicienne spécialisée, et Agnès Maltais, présidente de la Fondation Sabsa, lors de la journée portes ouvertes jeudi qui marquait le lancement de la nouvelle campagne de financement.
PHOTO DIANE TREMBLAY Amélie Bédard, directrice générale de SABSA, Isabelle Têtu, infirmière practicienne spécialisée, et Agnès Maltais, présidente de la Fondation Sabsa, lors de la journée portes ouvertes jeudi qui marquait le lancement de la nouvelle campagne de financement.

Coup d'oeil sur cet article

Après avoir vécu l’incertitude en 2016, la clinique de santé SABSA de Québec, qui fête son 10e anniversaire, a démontré au fil des ans que son modèle était efficace et qu’il avait sa place dans le système de santé. 

En plus de souligner son anniversaire, la coopérative de soins de santé de première ligne inaugurait hier ses nouveaux locaux, situés sur la rue de la Couronne.

«On a presque doublé la superficie. Juste pour le volet de la clinique SABSA, on est rendus à une quinzaine d’employés. Ce n’était pas un luxe», souligne Amélie Bédard, directrice générale et cofondatrice.

Bon an mal an, la clinique reçoit près de 1500 personnes qui génèrent près de 3500 consultations. SABSA est une clinique opérée par des superinfirmières. Pour le moment, elles sont deux et bientôt, elles seront trois.

En plus des services généraux comme l’évaluation et la prise en charge de problématiques de santé courantes (otites, infections urinaires, pneumonie, etc.), la clinique offre des services en santé mentale, en traitement de l’hépatite C et des services plus spécialisés au besoin.

«On a un psychiatre qui est là deux demi-journées par semaine. Il y a toute une équipe d’intervenants psychosociaux aussi pour supporter notre clientèle, sans compter le volet clinique mobile en prévention des surdoses et, depuis mars dernier, on opère le service de consommation supervisé, en cogestion avec le CIUSSS», énumère Mme Bédard.

Débordement du réseau

La clientèle desservie est plutôt défavorisée, mais il y a aussi Monsieur et Madame Tout-le-Monde qui sont en attente d’un médecin de famille et qui se retournent vers SABSA.

«À tous les jours, on reçoit des appels du réseau et de citoyens qui ne savent plus vers qui se tourner. On est le dernier rempart. On fait notre possible», a ajouté la directrice générale.

«Où le réseau n’est pas capable de répondre à une certaine clientèle, il nous les réfère. Ils reconnaissent notre expertise», se réjouit Isabelle Têtu, infirmière praticienne spécialisée qui était présente lors de la fondation de la coopérative. 

La clinique réussit à fonctionner avec un budget annuel d’un million de dollars, en plus des prêts de services avec le CIUSSS et le financement à la pièce. La majorité des fonds proviennent du gouvernement, mais la Fondation SABSA apporte un soutien non négligeable.

«On fait des petits miracles. Il n’y a pas de dépenses folles. La structure est très simplifiée», ajoute Mme Bédard.

En 2020, la Fondation, présidée par Agnès Maltais, a permis d’amasser 178 062$. L’année précédente, 278 249$. L’objectif de 120 000$ est dépassé à chaque année. 

Un modèle à imiter

«SABSA est la seule clinique au Québec où il y a des infirmières praticiennes spécialisées avec un accès public et où les gens ne paient pas. En Ontario, il y en a au-dessus de 100. C’est un modèle qu’on gagnerait à développer ici», a poursuivi Agnès Maltais.

Les problèmes dans le réseau de la santé ne datent pas d’hier, a-t-elle rappelé. Plus les infirmières pourront compter sur des horaires réguliers de travail, en éliminant le temps supplémentaire obligatoire, «plus on va y arriver», croit-elle.

Le chemin parcouru par SABSA

2011: Création de la coopérative de solidarité SABSA (organisme à but non lucratif).

2014: Élargissement de la mission qui permet d’offrir une clinique de proximité aux résidents de la Basse-Ville.

2016: Fin de la contribution du financement de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec.

La même année, lancement d’une campagne de sociofinancement sur La Ruche qui a remporté un vif succès.

Il s’ensuit une entente avec le ministère de la Santé et des Services sociaux pour des prêts de services et de fournitures.

2021: Déménagement dans des locaux plus adaptés situés sur la rue de la Couronne.