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«Facile» et «payant», voici le modus operandi des fraudeurs de la PCU

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« facile » et « payant »

Le modus operandi des fraudeurs en 4 étapesCliquez sur chaque carte

1 Obtenir les données personnelles Voyez comment
1 Obtenir par piratage, achats sur le darkweb ou une fuite, une liste de données personnelles incluant : le numéro d’assurance sociale, le nom, le prénom, la date de naissance des personnes.
2 Faire une demande de PCU Voyez comment
2 Aller sur le site Internet de l’Agence du Revenu du Canada, entrer dans les comptes des citoyens grâce aux données personnelles, faire une demande de PCU en changeant l’adresse pour recevoir le code de sécurité.
3 Changer les informations bancaires Voyez comment
3 Récupérer le code de sécurité, puis changer les données bancaires du dépôt direct vers un compte d’une institution financière que le fraudeur contrôle
4 Multiplier les demandes Voyez comment
4 Un seul fraudeur peut détourner des sommes importantes en faisant de multiples réclamations sous différentes identités

 

Ottawa a relâché la sécurité   

Les fraudeurs de PCU ont pu obtenir des chèques en déjouant une importante question de sécurité qui a été délaissée par le gouvernement du Canada.

Selon des sources gouvernementales qui se sont confiées à notre Bureau d’enquête, la fraude à la PCU est due au laxisme du fédéral. 

Afin d’accélérer la distribution de l’argent, Service Canada a décidé d’alléger les procédures lors des réclamations des citoyens.

Les demandeurs n’avaient plus à répondre correctement à la question concernant le nom de jeune fille de la mère à la naissance, permettant de confirmer l’identité du demandeur.

« Les fraudes liées à la PCU, nommée PAEU à Service Canada, auraient pu être évitées. Pour le nom de jeune fille de la mère à la naissance, même si un fraudeur donnait une mauvaise réponse, le système laissait passer la demande », explique une source près de ce dossier. « Ce qui a permis des milliers de demandes frauduleuses. »

Il était même possible de modifier l’adresse de livraison des chèques sans être questionné par les agents de l’assurance emploi.

Une source assure que le gouvernement a été informé de cette faille. Or, rien n’a été sécurisé depuis, dit-elle.    

  • Écoutez l'entrevue de Paul Laurier au micro de Geneviève Pettersen sur QUB Radio:   

Admission

Service Canada admet que si le processus échoue avec une question de sécurité, « cela n’arrête pas le traitement d’une demande ».

Selon Samuelle Carbonneau du Bureau des relations avec les médias, « d’autres éléments de validation de l’identité peuvent être requis avant que le traitement de la demande se poursuive », refusant toutefois de préciser lesquels.

Or, selon Paul Laurier, ex-enquêteur à la Sûreté du Québec et expert en sécurité de l’information, le gouvernement a agi trop rapidement, sans prendre en considération les risques élevés de fraudes.

« Tous les critères de sécurité [...] d’authentification ont été abolis rapidement. C’était sûr qu’il était pour y avoir une fraude massive », indique-t-il.  

  • Écoutez l'entrevue de Philippe-Vincent Foisy avec Marie-Lise Mormina, journaliste au Bureau d'enquête, sur QUB radio:    
Fraude PCU en chiffres
23 842* signalements au Centre antifraude du Canada entre le 6 mars 2020 et le 30 juin 2021
Attention
7,6 M$ Pertes financières attribuables estimées
22 800 rapports officiellement ouverts
quebec
Près de 40% de tous ces dossiers au Québec
* Ce chiffre inclut les fraudes par hameçonnage et textos

Cadenas éclaté
Notre dossier complet
Fraude de la PCU

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