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Quand l’épreuve s’invite dans la campagne électorale

La belle-mère de Marie-Josée Savard va mourir dans la dignité

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Marie-Josée Savard, candidate à la mairie

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Un événement particulier, des plus chargé en émotions, s’est invité dans la vie et la campagne de Marie-Josée Savard, candidate à la mairie de Québec. Avec sa famille, elle accompagne ce matin sa belle-mère Andrée, qui a choisi de mourir dans la dignité.

Active, sportive, bonne vivante, la mère du conjoint de Marie-Josée Savard ne s’attendait jamais à recevoir un tel coup au cœur il y a 10 ans. Elle a alors appris qu’elle souffrait de la maladie de Parkinson. 

Infirmière, la résidente de Saint-Georges-de-Beauce avait pris sa retraite quelques années auparavant et profitait de la vie, comme on dit. 

Au début, la maladie a progressé lentement. Puis, la douleur s’est installée, de plus en plus vive, jusqu’à rendre difficile le moindre geste anodin. Parfois, elle n’arrivait plus à se lever le matin. Son corps cessait d’opérer sans avertissement, la laissant figée.

Depuis trois ans, des signes plus apparents de la maladie se sont manifestés, jusqu’à saper complètement toute qualité de vie, racontent Marie-Josée Savard et son conjoint Jérôme, qui ont accepté de partager cette épreuve lors d’un entretien avec Le Journal.

Débats politiques 

Rapidement, Andrée a exprimé le souhait de mettre fin à cette douleur. Le débat sur l’aide médicale à mourir faisait alors rage, et s’est transporté jusqu’au Sénat et à la Chambre des communes.

« Au début quand elle nous en a parlé, c’était l’incrédulité, même si on comprenait. Mais quand on la voit, c’est clair que ça n’a pas de bon sens », témoigne son fils, soulignant à quel point sa mère a toujours été sereine dans sa décision. 

Pour la dame, qui était âgée de 72 ans, le plus dur a été de composer avec ces débats politiques qui ont occasionné des délais, avec les hauts et les bas qui s’en sont suivis. Elle a obtenu la date de son départ tout récemment.

Forte dans l’épreuve

Marie-Josée Savard souligne à quel point sa belle-mère s’est montrée forte dans l’épreuve, rencontrant tous les spécialistes requis par un protocole strict. Elle est devenue un modèle pour tous ses proches. 

« C’est d’autant plus difficile pour elle qu’elle a toute sa tête [...], observe-t-elle. Même avec tout ce qu’elle traversait, elle s’inquiétait de savoir si je me reposais et si je prenais soin de moi pendant la campagne. »

Avec la COVID-19 qui empêchait les contacts, la situation a été d’autant plus pénible. Les deux enfants du couple ont fait leurs adieux à leur grand-mère dimanche, avec un dernier repas. « Nous avons une pensée spéciale pour son conjoint, Roland, qui a passé les 30 dernières années avec elle », mentionne Marie-Josée Savard.

Ému, Jérôme mentionne que sa mère a tout de même fait part d’un regret : elle ne connaîtra pas le résultat des élections municipales dans lesquelles sa belle-fille s’est engagée. 

Andrée devient l’une des premières patientes au Québec à souffrir de Parkinson et à bénéficier de l’aide médicale à mourir. « Nous sommes chanceux de vivre dans une société ouverte et avancée comme la nôtre », lance son fils. 

Nous souhaitons offrir nos plus sincères condoléances à la famille et aux proches.