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Notre participation de 1,3 G$ dans l’ancienne C Series n’a plus de valeur

La pandémie a réduit à néant la part de 25% du gouvernement dans le programme

ARG-BOMBARDIER-AIRBUS
Photo d’archives, Agence QMI Le premier ministre Philippe Couillard (au centre), en compagnie d’Alain Bellemare (à sa droite), alors PDG de Bombardier, et d’autres dirigeants de la multinationale québécoise ainsi que d’Airbus, en octobre 2017, à Mirabel, lors de l’annonce du partenariat pour ce qui s’appelait alors la CSeries.

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De 1,3 milliard $ en 2016, le placement du gouvernement Couillard dans le programme d’avions C Series de Bombardier, devenu Airbus A220 par la suite, ne valait finalement plus rien au printemps dernier, selon le Fonds du développement économique.

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« Au 31 mars 2021, la direction est d’avis que la participation de 25 % du Fonds a subi une perte de valeur durable et que la juste valeur du placement est nulle », peut-on lire dans les récents états financiers de l’organisation.

C’est Airbus qui détient l’autre 75 % dans la Société en commandite Airbus Canada. Selon l’entente, le constructeur européen doit racheter l’ensemble des parts de Québec à leur valeur marchande au 1er janvier 2026, soit trois ans plus tard que ce qui était prévu initialement dans le contrat.

En raison des impacts de la pandémie dans l’industrie aéronautique qui a été lourdement ébranlée, notamment avec la fermeture des frontières, le Fonds a déprécié « de 289 millions $ » la valeur de son placement dans l’A220 en 2021. 

Il s’agissait des dernières sommes encore visibles sur le 1,3 milliard $.

« Cette situation constitue un risque important sur la possibilité du Fonds de recouvrer la valeur de son investissement au 1er janvier 2026 », prévient le Fonds, qui pourrait tout de même récupérer certaines sommes d’ici là.

« L’amélioration des perspectives dans le secteur de l’aérospatiale pourrait amener une appréciation de la valeur de la coentreprise », a répondu, pour sa part, le ministère de l’Économie qui chapeaute le Fonds.

  • Écoutez la chronique de Michel Girard sur QUB radio:

Pas la première baisse

Ce n’est pas la première fois que Québec revoit à la baisse la valeur de son investissement. C’est toutefois la première fois qu’il ne vaut plus rien.

En 2020, le Fonds avait vu chuter de 745 millions $ la valeur de son placement lorsque Bombardier a cédé à Airbus le reste de ses parts (29,6 %) dans le programme A220. La pandémie avait aussi fait plonger de 292 millions $ l’investissement du gouvernement. La valeur du programme était alors estimée à 900 M$, dont 300 M$ revenaient au Québec.

Le premier ministre François Legault avait concédé à ce moment que les Québécois venaient « de perdre 1,3 milliard ». Il a souvent reproché au PLQ d’avoir misé sur un programme au lieu d’investir dans Bombardier.

En 2016, alors ministre de l’Économie, Dominique Anglade, avait mentionné lors d’une entrevue au 98,5 Montréal : 

« Aujourd’hui, le 1,3 milliard vaut 1,4 milliard. Avec cette transaction, on va faire de l’argent même si notre objectif initial était de préserver des emplois ».

À titre de comparaison, en 2018, la valeur estimée du programme était de 5,25 milliards $ US. Québec a espéré récupérer son investissement jusqu’en 2019.

Limiter les dégâts

Le gouvernement aurait pu, ces dernières années, limiter les dégâts en demandant à Investissement Québec d’utiliser son bloc de 100 millions de bons de souscription d’actions de catégorie B de Bombardier. 

Le ministère de l’Économie a confirmé, hier, que cette option qui est venue à échéance le 1er septembre 2021 n’avait pas été utilisée. Pour en profiter, il fallait que l’action de Bombardier à la Bourse dépasse 2,21 $ CA.

– Avec la collaboration de Marie-Christine Trottier

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