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Des maires de grandes villes élus sans opposition

À la mairie de Victoriaville, personne n’a osé se présenter contre le candidat Antoine Tardif, qui entame ainsi son premier mandat à la tête de cette ville de 47 000 habitants.
Photo Agence QMI, Andréanne Lemire À la mairie de Victoriaville, personne n’a osé se présenter contre le candidat Antoine Tardif, qui entame ainsi son premier mandat à la tête de cette ville de 47 000 habitants.

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Cinq des trente villes les plus peuplées au Québec ont vu leur maire être élu sans opposition faute de candidatures vendredi, une réalité plus répandue dans les grands centres qu’aux dernières élections municipales en 2017. 

• À lire aussi: Plus de femmes candidates aux élections municipales

Dollard-des-Ormeaux, Victoriaville, Vaudreuil-Dorion, Boucherville, Salaberry-de-Valleyfield: ces villes de 40 000 à 50 000 habitants ont toutes élu leur maire par acclamation vendredi à 16h30 puisqu’aucun autre candidat ne s’était présenté pour briguer la mairie avant la date limite fixée par Élections Québec.

«Il y a deux façons de voir ça. La première, c’est que les gens sont satisfaits et la deuxième, c’est qu’avec toute la merde qui se passe sur Facebook et aux menaces, je pense qu’il y a des gens qui y pensent deux à trois fois avant de se présenter à un poste comme celui-là», a commenté Guy Pilon, réélu pour un cinquième mandat à la tête de Vaudreuil-Dorion, en Montérégie.

C’est la deuxième fois depuis qu’il est maire que M. Pilon l’emporte sans aucune opposition. Pour lui, mieux vaut l’emporter ainsi que faire campagne contre un candidat qui n’a aucune chance.

Typique des petites villes

51,9% des 1102 municipalités du Québec ont vu leur maire être élu sans opposition hier en fin d’après-midi, ce qui suit la même tendance observée à l’échelle de la province au cours des quatre dernières élections municipales. Dans 11 villes, aucune candidature à la mairie n’a été déposée.

Du côté des postes de conseillers, c’est 57% des candidats qui ont été élus par acclamation.

Ces réalités frappent surtout les petites villes, entre autres parce que le bassin de recrutement de candidats y est plus petit, explique Laurence Bherer, professeure au Département de science politique de l'Université de Montréal.

Mais cette année, elle frappe cinq des trente villes les plus peuplées de la province. C’est plus que lors des élections de 2017 (2) et de 2013 (3).

À Victoriaville, le candidat Antoine Tardif, qui a déjà travaillé aux côtés de l’ancien maire et député fédéral Alain Rayes, a lui aussi été proclamé maire de la ville du Centre-du-Québec.

«Ça me surprend quand même, a-t-il réagi. Il y aurait pu y avoir un opposant. Le fait que je me sois annoncé en février 2020 et que j’aie rapidement entamé ma campagne en allant cogner à 15 000 portes, ça a peut-être fait en sorte que les gens étaient satisfaits de ma candidature.»

Il assure avoir fait campagne «comme s’il avait un adversaire», même si celui-ci ne s’est jamais manifesté et assure que l’absence d’opposition aux élections ne lui montera pas à la tête.

Pas bon pour la démocratie

Pour Laurence Bherer, il faut «se méfier» des prétentions de maires qui disent ne pas avoir d’opposants en raison d’une satisfaction généralisée chez les citoyens.

«Pour moi, c’est beaucoup plus parce que les enjeux ne sortent pas. Au niveau municipal, il y a un déficit informationnel. Si dans ces municipalités-là il n’y a pas de médias hyper locaux, peut-être que les citoyens ne sont pas nécessairement au courant ce qu’il se passe.»

Selon elle, les citoyens de ces villes doivent être vigilants pour que la situation ne se reproduise pas trop souvent, car cela pourrait affecter la qualité des décisions prises par leur administration municipale.

Danielle Pilette, professeure au Département de stratégie, responsabilité sociale et environnementale, abonde dans le même sens. Elle estime elle aussi que le climat tendu qui règne sur les réseaux sociaux pourrait jouer un rôle dans le nombre de candidatures cette année.

«On hésite à s’exprimer parce que le milieu peut être est assez corrosif. C’est possible que des candidats craignent l’intimidation sur les réseaux sociaux.»

Maire(sse) recherché(e)

Aucune candidature à la mairie n’a été déposée dans ces 11 villes qui devront amorcer une nouvelle campagne. Ultimement, si personne ne se présente, la ministre des Affaires municipales devra nommer un maire.  

  • Blanc-Sablon (Côte-Nord)  
  • Latulipe-et-Gaboury (Abitibi-Témiscamingue)  
  • Les Méchins (Bas-Saint-Laurent)  
  • Lotbinière (Chaudière-Appalaches)  
  • Notre-Dame-du-Rosaire (Chaudière-Appalaches)  
  • Pointe-Lebel (Côte-Nord)  
  • Saint-Albert (Centre-du-Québec)  
  • Saint-Cyrille-de-Lessard (Chaudière-Appalaches)  
  • Saint-Éloi (Bas-Saint-Laurent)  
  • Saint-Épiphane (Bas-Saint-Laurent)  
  • Sainte-Hélène-de-Kamouraska (Bas-Saint-Laurent)  
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